« Ne t’inquiète pas. Ça ira. Tout va bien se passer. Tu verras, on va beaucoup s’amuser », me dit monsieur Alain, de l’UNICEF. Ensemble, nous devons faire la modération de la journée de l’enfant africain ensemble. Je suis un peu stressée. Je suis Denise Katshunga. J’ai 16 ans et je suis enfant reporter de Kinshasa.
Pour la célébration de la journée de l’enfant africain, j’ai un micro à la main. Je dois interviewer les enfants et les autorités sur la journée. Pendant que je me prépare, mon encadreuse m’annonce que j’ai un autre rôle à jouer : modératrice. Enfin, co-modératrice. « Tu vas modérer la cérémonie avec Alain », me dit-elle. Je commence par stresser. En fait, je n’ai jamais fait de modération. Seule ou avec quelqu’un, jamais. Du coup, je me pose des questions. Pour moi, la journée idéale, ce serait une journée pleine de rires et où je m’amuse. Je croise les doigts pour que tout se passe bien.
Journée pleine de surprise
Alain m’explique que ce n’est pas difficile d’être modérateur. Lorsque la cérémonie commence, il me présente comme sa patronne pour la journée. Je ne m’y attendais pas du tout. Je rigole. Nous commençons la célébration de la Journée de l’Enfant Africain.
Cela se passe bien comme si on a toujours travaillé ensemble. J’ai pris plaisir. J’invite madame la ministre du Genre, Famille et Enfants pour son mot d’ouverture. Après, la ministre d’État chargée de l’environnement, madame Eve Bazaiba, qui représente la Première ministre fait son discours ? Juste après ce mot, silence dans la salle. J’entends juste la voix d’Alain qui me demande : « Denise, qu’est-ce qu’il y a ensuite ? ». Je souris. J’annonce la projection de la vidéo enregistrée pour cette journée. Il ne le savait pas, mais à ce moment-là, Alain venait de me redonner confiance en moi. Il m’a sorti d’un moment de doute. Pour moi, cette simple question signifiait : « Tu sais ce que tu fais, tu as ta place ici, et surtout, je te fais confiance ». Voilà ce que c’était à mes yeux. Une relation de confiance. Et j’ai pris confiance.
Avant de clôturer la célébration, j’ai passé la parole à d’autres enfants reporters qui avaient des questions pour les autorités. Avant eux, un autre groupe d’enfants lisait le message de plaidoyer. Pour moi, c’est une journée mémorable. Ce qui m’a marqué, c’est le regard rempli d’amour et de fierté qu’avaient certaines autorités. On voyait des parents fiers de voir des enfants conscients de leurs droits et engagés à les défendre. J’ai passé une journée mémorable.
Encadreuse : Abigael Mwabe
Denise Katshunga, 15 ans, est enfant reporter à Kinshasa.
