Le 16 juin dernier, nous avons célébré la Journée de l’Enfant Africain à Kinshasa. C’était un moment très spécial pour moi, enfant reporter et pour d’autres enfants reporters ainsi que pour les enfants membres des comités.

La journée de l’Enfant Africain, était une occasion pour faire entendre la voix et les préoccupations des enfants en RDC. Je m’appelle Andréa Mavanga, je suis enfant reporter de Kinshasa.

Mon avis compte

Le jour de la célébration du 16 juin, plusieurs autorités sont dans la salle pour honorer la mémoire des enfants. Dans la salle, chaque autorité est assise à côté d’un enfant reporter. Parmi les autorités présentes dans la salle, il y a madame Eve Bazaiba, ministre d’Etat chargée de l’environnement. C’est elle qui représente la première ministre, empêchée. Il y a aussi madame Léonie Kandolo, ministre du genre, famille et enfants. Je suis assise à côté de la secrétaire générale au genre.
Cette année, on parle de la planification et de la budgétisation en faveur des enfants. Dix jours avant la célébration du 16 juin, mes amis enfants reporter et moi avons participé à un webinaire organisé par l’UNICEF pour mieux comprendre les notions de budgétisation. Grâce à nos encadreurs, on a pu faire le lien entre les droits de l’enfant, la planification et la budgétisation.
Le jour de la célébration, 4 enfants reporters ont dit le mot de plaidoyer au nom de tous les enfants. En fait, ce mot reprenait aussi les préoccupations des enfants des provinces en plus de ceux de Kinshasa.
Lorsqu’il fallait poser des questions, j’en ai posé deux. Pourquoi les fonds destinés aux secteurs qui touchent les enfants ne sont pas entièrement débloqués ?
Comment est-ce que le ministère du genre compte agir pour lutter contre les violences sexuelles, les abus et les mariages précoces ? Lorsque je pose ces questions, je crains de ne pas avoir des réponses.

Il faut participer

Madame Eve Bazaiba répond aux questions des enfants. Elle ne me donne pas la réponse que j’attendais. Mais elle considère ma question. Plutôt que de s’engager ou de me parler de ce qui est prévu, la ministre d’État chargée de l’environnement a parlé de ce que l’Etat avait déjà réalisé. Je suis restée sur ma faim.
En fait, pour moi, il y a des choses qui n’ont pas marché dans la façon de faire. Je voulais savoir comment certains ministères comptent rectifier le tir. Même si je n’ai pas eu la réponse que j’attendais, je suis heureuse de voir les autorités répondre à ma question. Et ce n’est pas la réponse qui me parle, c’est le fait qu’on m’ait répondu. Cela m’a donné l’impression de compter. J’ai compris que l’avis des enfants comptent vraiment. Et pourtant, ce n’est pas la première fois que je participe à des activités avec l’UNICEF. Ce n’est pas non plus la première fois que je pose des questions. J’ai trouvé, vraiment, qu’il est important de donner aux enfants l’opportunité de poser directement des questions aux autorités.
Pour moi, la célébration du 16 juin de cette année est une preuve que même enfant, on peut participer lorsqu’on parle des questions qui nous concernent. On peut s’exprimer et faire bouger les choses. Et vous savez quoi ? Je me suis promis que tant que je pourrais, je continuerai à défendre l’enfant et ses droits. Jusqu’à ce que les choses changent. Ce ne sera pas évident. Mais je vais faire ma part.
Encadreuse : Abigael Mwabe