Bonjour, je m’appelle Syntyche Maloba, je suis jeune reporter de la ville-province de Kinshasa.

Une perte personnelle à l’origine d’un projet

J’ai un projet. Un projet qui est né de la douleur. En 2025, j’ai perdu quelqu’un qui m’était très cher. Madame Divine était un mentor pour moi. Elle est morte d’un accouchement difficile. J’ai appris que l’hôpital manquait certains matériels pour la sauver. J’ai compris que je n’étais pas la seule à avoir perdu un proche dans ces conditions. Combien de familles, autour de moi, ont vécu la même chose ?

Une réalité préoccupante du système de santé

Aujourd’hui, dans la ville-province de Kinshasa, la couverture sanitaire n’est que de 49 %. C’est-à -dire qu’une personne sur deux n’a pas accès aux soins quand elle en a besoin. Derrière ces statistiques, il y a des vies, des familles, des histoires qui basculent.

Cette perte, je l’ai vécue à cause des défaillances de notre système de santé. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à m’intéresser sérieusement au système de santé de notre pays. Et très vite, j’ai pu constater ses failles. J’ai vu de mes yeux, en discutant avec des patients et des soignants, que beaucoup d’hôpitaux manquent d’infrastructures de base et de matériels.

L’idée d’un centre hospitalier mobile

Alors j’ai eu une idée : créer le tout premier centre hospitalier mobile de la République Démocratique du Congo. Je me suis inspirée de modèles qui existent ailleurs. Ces unités de soins itinérantes qui vont au-devant des populations isolées. Ce petit miracle à quatre roues, comme je l’appelle, commencera par sillonner Kinshasa, ses quartiers souvent délaissés, là où l’hôpital est trop loin ou trop cher. Et plus tard, nous espérons l’étendre à toute la république.

Avec quelques amis, nous avons fait une petite étude de marché. Nous voulions simplement vérifier si notre projet répondait à un vrai besoin. La réponse a été claire : oui, énormément de personnes se disent enthousiastes à l’idée de le voir se réaliser. Des habitants, des commerçants, des mamans, des jeunes nous ont dit : « Quand est-ce que vous commencez ? », « On en a tellement besoin. » Ces retours nous ont confortés dans notre conviction.

Le défi du financement

Mais aujourd’hui, nous sommes confrontés à un obstacle majeur : les moyens nous font défaut. Financer un tel projet demande des ressources que nous n’avons pas. Pourtant, je suis convaincue que quelque part, il y a des gens, des entrepreneurs, des organisations, des professionnels de santé, qui accepteront de faire partie de cette aventure. Des personnes qui croient, comme nous, que la santé n’est pas un privilège mais un droit, et que chaque vie mérite d’être sauvée.

Un appel à la solidarité

Si vous lisez ces lignes et que vous voulez nous aider, d’une manière ou d’une autre, nous serions heureux de vous recevoir, de discuter, de construire ensemble. Parce que ce projet, c’est notre façon de rendre hommage à ceux que nous avons perdus, et d’éviter à d’autres familles la même douleur.