Je m’appelle Yeshi Emmackaël, j’ai 14 ans, je suis Enfant Reporter de la ville de Bukavu et élève au Collège Alfajiri.

À travers cet article, je rends hommage à tous les élèves courageux, aux enseignants dévoués et aux parents engagés qui, malgré l’insécurité dans notre province, ont réussi à terminer l’année scolaire 2024–2025 et à trouver la force d’entamer une nouvelle rentrée.

 

Des mois marqués par l’insécurité

Depuis février 2025, l’est de la RDC et ma ville de Bukavu ont été secoués par des violences liées à la guerre.

Les cours ont été interrompus, puis repris dans l’incertitude. Chaque matin, en allant à l’école, je craignais de ne pas rentrer sain et sauf. Les coups de feu étaient fréquents, et dans certaines écoles, élèves et enseignants se cachaient sous les bancs pour se protéger.

Les réseaux sociaux diffusaient régulièrement des messages inquiétants, poussant certains à rester à la maison. Beaucoup ont préféré ne pas risquer le chemin de l’école. Malgré ce climat difficile, nous avons réussi à terminer l’année scolaire.

 

Une rentrée scolaire 2025–2026 sous le signe de la résilience

Pour cette nouvelle rentrée, beaucoup doutaient que les cours reprennent. Les séquelles de l’année précédente sont encore présentes : stress, traumatismes, difficultés économiques et financières.

Chez moi, l’achat des fournitures scolaires pour mes petits frères et moi a été un vrai défi. Même si j’étais heureuse d’avoir mes affaires, je pensais aux familles nombreuses et plus démunies : pourront-elles payer les frais scolaires cette année ?

Le lundi 1er septembre, l’année scolaire a officiellement repris. Voir les rues animées par les élèves en uniformes bleu et blanc m’a rempli de joie.

J’ai vu des parents accompagner leurs enfants, et au Collège Alfajiri, les enseignants étaient présents, ponctuels, prêts à commencer les cours. Leur engagement m’a profondément touchée.

 

Défendre le droit à l’éducation malgré tout

Je rends hommage à tous ces élèves, enseignants et parents qui ont choisi de croire en l’avenir et de défendre le droit à l’éducation.

L’article 28 de la Convention internationale des droits de l’enfant affirme que chaque enfant a droit à une éducation dans des conditions favorables. J’appelle les autorités à respecter cet engagement et à garantir un environnement sécurisé et propice à l’apprentissage.

 

Les enfants sont le peuple de demain. Investir dans leur éducation, c’est investir dans le vrai changement.