Je suis Daniella Metila, enfant reporter de la ville-province de Kinshasa, j’ai 17 ans. Je reviens de la 6ᵉ Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants au Maroc et je dois vous partager ce que j’ai sur le cœur.
Une première impression marquante en arrivant au Maroc
Dès que j’ai posé les pieds à l’aéroport de Casablanca, j’ai senti que c’était différent. Il faisait très, très froid, mais ce n’est même pas ça qui m’a le plus marquée. C’est sur la route vers Marrakech que j’ai appris une vraie leçon.
Je regardais par la fenêtre et je n’arrivais pas à y croire : pas une seule bouteille en plastique par terre, pas un sachet qui traîne. C’était d’une propreté juste incroyable.
Une comparaison douloureuse avec Kinshasa
Honnêtement, j’ai ressenti un truc bizarre, une tristesse profonde. Je ne pouvais pas m’empêcher de comparer avec ma ville Kinshasa. Dans mon cœur, je me disais : « Mon pays, mon beau pays le Congo, quand est-ce qu’on en arrivera à ce niveau de propreté ? »
Ce qui m’a le plus impressionnée, ce ne sont pas seulement les infrastructures, c’est surtout la population. Que ce soit en allant au Palais des Congrès ou en me baladant en ville, j’ai vu les gens jeter leurs déchets directement dans les poubelles. Ils sont vraiment mobilisés pour leur environnement et ça se voit que c’est une habitude ancrée.
La responsabilité de chacun dans la protection de l’environnement
Ça me fait mal de voir qu’au Congo, précisément à Kinshasa, beaucoup de gens pensent encore qu’entretenir l’environnement, c’est uniquement le problème de l’État. La vérité, c’est que ça nous concerne tous. On ne peut pas rester là à attendre que l’État vienne tout nettoyer même dans nos propres rues. Nous devons en faire une question personnelle. Nous devons prendre des initiatives en famille ou entre amis.
L’éducation à l’écologie dès le plus jeune âge
Je pense que les autorités de la ville devraient instaurer un cours d’écologie dans le programme scolaire dès le primaire. Apprendre aux enfants à respecter leur environnement dès le plus jeune âge leur permettrait de développer cette conscience comme une habitude naturelle. Ils sauraient, par exemple, trier leurs déchets, éviter le gaspillage et protéger les espaces verts autour d’eux.
Je crois aussi qu’il est essentiel d’organiser des campagnes de sensibilisation dans les quartiers, les écoles et les lieux publics pour montrer aux habitants les vrais dangers d’un mauvais entretien de l’environnement. Ces campagnes pourraient expliquer comment la pollution affecte la santé, surtout celle des enfants, qui sont les plus vulnérables aux maladies liées à l’air, à l’eau et aux déchets mal gérés.
Associer sanctions et actions éducatives
Enfin, il est important de mettre en place des sanctions pour ceux qui continuent de jeter leurs déchets dans la rue ou à ne pas respecter les règles d’hygiène et d’assainissement. Mais ces sanctions devraient aller de pair avec des actions éducatives, afin que chacun comprenne que préserver l’environnement, c’est protéger sa propre santé et celle des autres, ainsi que l’avenir de notre pays.
Un voyage qui ouvre les yeux
Ce voyage au Maroc a été comme une claque pour moi. Pas une claque méchante, mais une claque qui ouvre les yeux, qui réveille les idées et qui donne vraiment envie de changer les choses pour que notre pays devienne meilleur.
