À partir du 25 décembre généralement, à Bukavu, on sent déjà l’ambiance des fêtes. Pour Noël, il y a des lumières un peu partout dans la ville. Dans les familles, on ressent la chaleur de l’esprit de partage, etc.

Pour les enfants, la fin de l’année est une période très attendue parce que c’est la joie et la fête, tout simplement. On mange, on a des cadeaux et des nouveaux vêtements aussi.
Je suis Arsène Bwimba, président du comité urbain des enfants dans la ville de Bukavu.
Pendant ces fêtes, j’ai rencontré Dénis, un enfant de 13 ans. Il est vendeur ambulant des sacs en plastique à Bukavu. Si pour certains enfants Noël est une période de bonheur, pour d’autres, elle passe inaperçue.
C’est le cas de Dénis. Je le croise à la place « Major Vangu ».
Dénis est le troisième enfant dans une famille de six. Avant lui, il y a deux garçons. Depuis quelque temps, Denis n’a plus des nouvelles de son frère aîné. Avec le second, ils doivent contribuer à la prise en charge des besoins de la famille. Leur mère est vendeuse de friperie. Le deuxième de la famille est vendeur ambulant des glaces.
Ces activités ne rapportent pas assez à la famille. Pour Noël, ces enfants n’ont pas vraiment l’esprit de la fête.

Pas de magie de Noël

« Chez moi, Noël ne change pas grand-chose. Pas de nouveaux habits, pas de fête. Mais je profite de cette période où les gens achètent beaucoup pour vendre plus de sacs dans la rue. Cela me permet de soutenir un peu ma famille », me confie Denis.
Chaque jour, cet enfant sort de la maison vers 8 h du matin pour commencer ses journées de vente.
Dénis doit commencer son déplacement dans les rues et différents marchés chaque jour à 8 h. Il a arrêté les études depuis la fin du cycle d’éducation de base par manque des frais. Il quitte le marché vers 21 h pour rentrer à la maison.
« Je n’ai pas grand-chose comme capital. J’achète souvent mes sacs en gros avec 5000fc. Je revends en détails et je me retrouve avec 8000fc le soir. Là, maintenant, je rentre à la maison avec un kilo de farine. Mon frère ou ma mère ramènent le reste de la nourriture », raconte cet enfant. Il a abandonné ses études par manque d’argent.

Solidarité pour Noël

Pendant les fêtes, Denis profite pour mieux vendre et avoir un plus de bénéfices. Il ne peut pas attendre de cadeaux de sa mère. Il comprend la situation de sa famille.
Son témoignage me rappelle que les enfants ne vivent pas tous Noël de la même façon. À Bukavu, la situation est difficile pour les populations et les enfants.
Pendant les fêtes, les enfants des riches fêtent, mais ceux dont les parents n’ont pas assez de moyens font comment ? La magie de Noël ne se vit pas. Mais je me demande si les parents qui ont les moyens et les personnes de bonne volonté ne peuvent pas penser à une cagnotte pour aider les enfants en difficulté à mieux passer les fêtes de fin d’année ? C’est en fait un appel à la solidarité pour un monde meilleur.
Noël ne devrait pas être seulement une fête de consommation. Noël devrait être aussi un moment de compassion et de justice sociale, où chaque enfant, peut ressentir un peu de cette magie, même si ses parents ne peuvent pas lui offrir des cadeaux.
Encadreur: Jérémie Karagi