Chaque matin, à l’aube, ma mère me tire du lit vers 5 h du matin. Notre mission ? Être parmi les premiers à arriver à la borne fontaine. C’est une course contre la montre pour ne pas manquer de l’eau. C’est aussi là qu’on réalise combien l’eau est une ressource si vitale et si précieuse.
Je m’appelle Samuel Mumbere Katya, enfant reporter de la ville de Goma, et j’ai 9 ans. Aujourd’hui, je vous ouvre les portes de mon quotidien, un quotidien marqué par le calvaire de la quête de l’eau.
Chaque jour, le même rituel. 5 h du matin, le réveil sonne. Ma journée commence. La borne fontaine, notre principale source d’eau, se trouve très loin de la maison. Et il faut marcher entre 15 à 20 minutes pour y arriver. Chaque matin. Cela me pèse en tout cas. Et je fais cela avant d’aller à l’école.
Un sommeil perturbé, un esprit fatigué
Ce rythme a des conséquences sur mon sommeil et sur ma santé. Depuis que ces réveils matinaux ont commencé, mes nuits sont agitées et je n’ai plus assez de temps de repos. Je dors en pensant déjà à mon réveil du lendemain. Je ne dors pas assez et je suis tout le temps fatigué.
Un devoir malgré tout
Mais qu’est-ce que je peux bien faire pour changer la situation ? Rien. Je me sens piégé et sans alternative. En tant qu’aînée de la famille, la responsabilité de l’eau repose sur mes épaules. L’eau nous est indispensable pour les tâches ménagères et pour d’autres besoins quotidiens. Alors, je rassemble mon courage, j’accepte ce devoir, même s’il est lourd à porter. Et si on avait un robinet à la maison ? Je crois que je n’allais pas être obligé de me lever assez tôt pour aller chercher de l’eau.
Est-ce que demander aux autorités de penser à rendre l’eau accessible dans les ménages à Goma, c’est trop demander ? Je ne le pense pas. Je formule ma demande aux autorités de la ville. Facilitez-nous la vie en rendant l’eau potable accessible aux différents ménages. Cela contribue au bien-être des enfants.
J’espère que je serai entendu.
Encadreur : Ushindi Uwezo