Elle n’a que 9 ans, mais elle rêve déjà grand. Longadja Gabriella, est élève au collègue du cinquantenaire à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo. Si certains enfants de son âge s’intéressent encore aux loisirs, elle réfléchit déjà autrement : transformer la RDC grâce à l’entreprenariat. Nous sommes allés à sa rencontre, à après la session de proclamation dans son école, en juillet 2025.

 

Travailler dur pour réussir à l’école

Pour la jeune fille, optimiste et travailleuse, il n’y a pas de voies magiques pour réussir dans la vie. Vivre avec ses parents, suivre les conseils, et travailler dur à l’école. Elle vient de passer en 6e année primaire avec 75,3 pourcent, 4e de la classe. « J’aime l’école, parce que ça me permet d’apprendre, de m’aider à comprendre des choses que je ne sais pas », confie, toute confiante.

Chaque jour, son combat ne résume qu’être parmi les meilleurs, si pas la meilleure. « Je me suis donnée du courage pour atteindre ce résultat, grâce à ma mère et à mon père qui ne cessent de m’encourager, ils me prodiguent souvent des conseils. S’il y a des élèves qui ne réussissent pas il y en a qui ne sont pas concentrés aux études », dit-elle, parlant de sa brillante réussite en cinquième année primaire, lui ouvrant la porte de la dernière année aux études primaires.

Pour réussir brillamment à l’école, pense la jeune Gabriella, « il faut se concentrer, écouter ce qu’on te dit à l’école, respecter les enseignants, apprendre ce que nous apprend à l’école, et se concentrer sur les études ».

 

Entreprendre pour transformer la RDC

En République démocratique du Congo, le taux de chômage est élevé, surtout chez les jeunes. Gabriella, convaincue pour une transformation possible du pays, à une petite idée, mais grande à l’exploit. « J’aimerais créer une entreprise pour apprendre aux gens à parler l’anglais, français et là où on pourrait apprendre aux gens l’usage de l’ordinateur et enseigner l’entreprenariat », révèle son rêve. Cela, dit-elle, « pour transformer la RDC positivement, quitter le chômage à la création d’idée transformatrice, des emplois, du travail ».

Pour concrétiser son rêve, au-delà des efforts fournis à l’école primaire pour demeurer brillante, Gabriella veut accroitre ses connaissances : « à l’école secondaire, j’aimerais bien me spécialiser dans le secteur entrepreneurial. Même lors de mes études universitaires ».

Elle justifie sa position par le fait que : « la majorité des gens ne connaissent pas le français, l’anglais, l’informatique et l’entrepreneuriat. Connaitre ces choses peuvent aider les gens à ne pas chômer. Moi déjà, je m’exprime bien en anglais, parce que j’étudie dans une école bilingue ».

 

Plaidoyer pour l’éducation des filles et des enfants

Malgré la gratuité de l’enseignement primaire en RDC dans des écoles publiques de l’Etat, de nombreux enfants ne vont pas à l’école dans la province de la Tshopo, regrette Gabriella.

« Dans le quartier où je vis, la majorité des enfants vont à l’école, mais dans d’autres coins de la ville, il y a des enfants qui ne vont pas à l’école. Je pense que ce n’est pas bon qu’il ait des enfants qui ne vont pas à l’école », déplore-t-elle, craignant pour leur avenir. « Un enfant qui n’étudie pas, aura des difficultés à développer ses connaissances, à rêver grand ».

Son plaidoyer est adressé au Président de la République et aux membres du Gouvernement. « Chaque enfant doit partir à l’école et avoir l’opportunité d’étudier pour construire son rêve et le réaliser un jour ».

La jeune Gabriella croit à une RDC favorable pour le respect des droits des enfants. Pour elle, les enfants, avenir de demain, doivent pleinement être des acteurs positifs d’aujourd’hui.

« Je vous demande de ne pas baisser les bras, même si les épreuves sont difficiles. Aux filles, sachez que nous pouvons être aussi entrepreneurs : la place de la femme n’est pas dans la cuisine », lance-t-elle.