Je m’appelle Consolation Hata et je suis enfant reporter à Kinshasa. À l’occasion de la Journée de l’enfant africain 2026, célébrée sous le thème « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour les enfants d’Afrique », j’ai eu l’opportunité de participer à une rencontre importante avec les parlemetaires congolais. Cette expérience m’a permis de leur parler d’un sujet qui concerne directement la vie de millions d’enfants : l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène.

Le mercredi 10 juin 2026 restera une date marquante pour moi. Grâce à l’appui du ministère du Genre, Famille et Enfant, j’ai eu l’occasion, avec d’autres enfants reporters de Kinshasa, de rencontrer le président de l’Assemblée nationale, Monsieur Aimé Boji Sangara, ainsi que plusieurs députés au Palais du Peuple. Cette rencontre nous a permis de porter la voix des enfants et d’attirer leur attention sur les difficultés que rencontrent encore de nombreux enfants en RDC pour accéder à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène.

Une réalité préoccupante pour les enfants en RDC

Pour mieux comprendre l’importance de notre rencontre, il faut rappeler que les parlementaires sont des représentants élus par la population. Leur rôle est de voter les lois, contrôler l’action du gouvernement, examiner et adopter le budget de l’État, mais aussi proposer des solutions aux problèmes qui touchent les citoyens.

Au cours de nos échanges, nous leur avons présenté plusieurs réalités préoccupantes concernant l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène en République Démocratique du Congo.

Notre pays possède près de 52 % des réserves d’eau de surface de l’Afrique. Pourtant, seulement 46 % de la population a accès à l’eau potable. Ce constat m’a beaucoup interpellée. Comment un pays aussi riche en ressources en eau peut-il encore compter autant d’enfants privés de ce besoin essentiel ?

La situation est tout aussi alarmante en matière d’hygiène. Huit enfants sur dix n’ont pas accès à des conditions d’hygiène adéquates. Pourtant, l’hygiène joue un rôle essentiel dans la prévention de nombreuses maladies qui affectent les enfants.

À cela s’ajoutent de fortes inégalités entre les provinces. Certains enfants vivent dans des conditions encore plus difficiles que celles que nous connaissons à Kinshasa. Selon l’endroit où ils vivent, leurs chances d’avoir accès à l’eau potable ou à des infrastructures sanitaires de qualité ne sont pas les mêmes.

Porter notre plaidoyer devant les décideurs

C’est autour de ces préoccupations que nous avons échangé avec le président de l’Assemblée nationale et les autres parlementaires présents.

Mes camarades et moi avons posé plusieurs questions et présenté notre plaidoyer. J’ai eu l’honneur de porter ce message aux côtés de mon amie Gloria. Nous voulions rappeler aux décideurs que derrière les statistiques se trouvent des millions d’enfants dont la santé, l’éducation et l’avenir sont directement affectés par le manque d’eau potable et de services d’assainissement.

Au cours des échanges, j’ai également attiré leur attention sur d’autres défis qui touchent les enfants en RDC. J’ai notamment posé cette question : « En RDC, la majorité des petits enfants souffrent de faim et le manque de vaccins dans nos hôpitaux met nos vies en danger. Qu’allez-vous faire concrètement dans le prochain budget pour qu’aucun enfant ne meure de faim ou d’une maladie évitable ? » À travers cette question, je voulais rappeler que les enfants attendent des mesures concrètes pour protéger leur santé et garantir leur survie.

Au début de notre intervention, j’ai eu l’impression que certains parlementaires n’accordaient pas toute leur attention à nos propos. J’ai alors pris mon courage à deux mains pour leur rappeler que nous ouvrir les portes de l’Assemblée nationale ne devait pas signifier fermer les oreilles à la voix des enfants. Cette remarque a permis de recentrer les échanges sur les préoccupations que nous étions venues partager.

Des engagements encourageants

À la suite de notre plaidoyer, certains engagements ont été annoncés. Une parlementaire nous a notamment promis de porter une proposition visant à renforcer l’allocation des ressources destinées aux secteurs de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène.

J’ai été très heureuse de voir que les plus hautes autorités de notre pays nous ont donné l’occasion de nous exprimer. Je les remercie sincèrement de nous avoir accueillis et d’avoir reconnu l’importance de la participation des enfants dans les débats qui concernent notre avenir.

Les enfants attendent maintenant des actions concrètes

Je suis repartie avec un sentiment mitigé. Même si nos questions ont été entendues, les réponses apportées n’ont pas toujours répondu à nos attentes. Plusieurs parlementaires ont expliqué que la résolution de ces problèmes relevait principalement du pouvoir exécutif.

Cette réponse m’a laissée perplexe. Si les parlementaires ont pour mission de contrôler l’action du gouvernement, qui assurera alors le suivi de ces questions essentielles pour les enfants ?

J’invite donc les autorités de notre pays à prendre pleinement conscience de l’urgence de la situation. Les enfants n’ont pas seulement besoin d’être écoutés ; ils ont besoin de voir des actions concrètes. Chaque institution a une responsabilité à assumer afin que tous les enfants de la RDC puissent bénéficier de leur droit à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène.