Déborah Edjobola est enfant reporter de Mbandaka, dans la province de l'Equateur.

Je m’appelle Déborah Edjobola. J’ai 14 ans et suis élève en 4ère année scientifique au collège archiépiscopal Nsong’Aliandja à Mbandaka. 

Je voudrais vous parler de Joséphine. Elle est sourde-muette et elle m’a démontré sa capacité à communiquer après avoir suivi la formation des enfants reporters à Mbandaka en septembre dernier.

En fait, après la formation, l’un des animateurs m’a demandé de discuter avec Joséphine. En fait, je ne voyais pas comment je pouvais échanger avec cette fille. Je trouvais cela impossible, parce que je savais que la fille n’allait pas m’écouter. En plus, j’avais remarqué que pendant la formation elle avait un interprète qui lui faisait des signes. Alors, j’étais un peu rassurée par sa présence.

 

Josephine et son enseignant(@ponabana)

Je ne savais pas trop comment faire pour discuter avec elle. Je parle, elle ne parle pas. C’était la première fois dans ma vie d’échanger avec une personne tout en regardant l’interprète et Joséphine.

 

Joséphine a bien suivi la formation sur les droits de l’enfant

Alors, quand j’ai commencé à lui poser des questions par rapport à ce qu’on nous avait dit pendant la formation, je pensais que Joséphine ne serait pas à mesure de me dire exactement ce qu’elle avait compris. C’était tout le contraire. En lui posant des questions, j’étais désorientée. Je ne savais pas qui regarder. Il fallait regarder Joséphine ou soit son interprète ?

 

Pendant que je lui posais mes questions, Joséphine était très concentrée et regardait les mouvements de mes lèvres et les signes de son interprète. Elle déplaçait rapidement ses yeux entre moi et son interprète.

Comment elle a suivi la formation ? Elle m’a dit qu’elle a suivi la formation en veillant aux mouvements des lèvres des formateurs pour déchiffrer leurs paroles et aussi grâce à son interprète. Joséphine m’a confié qu’elle a vraiment aimé le déroulement de la journée et des activités.

 

Deborah, Joséphine et son interprète (@ponabana)

 

Joséphine m’a parlé de la survie et du développement

Quand elle a répondu, j’étais encore surpris d’entendre ce que l’interprète me disait. J’ai posé une autre question pour savoir si elle avait vraiment compris le contenu de la formation. De quoi avons-nous parlé pendant la formation ? Joséphine me dit qu’on a parlé de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. Elle m’a dit que cette convention est divisée en 3 parties et elle comprend 4 thèmes. Joséphine a cité 2 thèmes dont : la survie et le développement. Franchement, j’étais perturbé. J’ai trouvé qu’elle est brave pour suivre la formation avec sa technique alors qu’elle est sourde-muette. En fait, après ma discussion avec Joséphine, on a continué à parler et d’autres enfants sont venus discuter avec elle. A un moment donné, elle ne voulait même plus de la présence de son interprète. C’était une belle expérience.

C’est tellement rare de voir des enfants sourds muets participer à des formations avec d’autres enfants sur leurs droits. Et à Mbandaka, j’aimerais que ces enfants puissent étudier dans les meilleures conditions pour qu’ils aient une bonne formation. En fait, nous avons tous les mêmes droits à l’éducation.