Les vacances sont là. Pour beaucoup d’enfants, cette période rime avec liberté et détente. C’est un moment tant attendu pour échapper à la routine quotidienne, qu’elle soit scolaire, universitaire ou professionnelle.
Mais pour moi, Choisie Nseka, jeune reporter et étudiante à Kinshasa, l’enthousiasme est teinté d’une pointe d’amertume. « Bienvenue à l’ennui » je dis. Je m’ennuie.
Je crois qu’il y a aussi d’autres jeunes à Kinshasa qui ont le même sentiment que moi.
Entre rêves et réalité
Après une ou deux semaines de repos bien mérité, je me retrouve face à un vide. Le temps libre, censé être une opportunité de développement personnel, se transforme en un ennui pesant. À Kinshasa, qu’est-ce que je peux faire pour m’occuper ? Où est-ce que les jeunes peuvent avoir des activités adaptées durant cette période ?
Je me demande s’il y a des colonies de vacances, des jobs étudiants ou des jobs de vacances, etc. ? C’est aussi pendant cette période que certaines jeunes font leurs premiers pas dans le monde professionnel ? D’autres enfants vont apprendre dans des colonies de vacances ou développent des nouvelles compétences, etc.
Il peut aussi y avoir des formations.
À Kinshasa, ces opportunités sont quasi inexistantes. En-tout-cas, je n’ai rien trouvé. Peut-être qu’il y en a et que je ne le sais pas encore.
Et je me demande, face à un système qui exige aux jeunes d’avoir de l’expérience professionnelle à la fin de leurs études, il serait bien qu’on puisse penser à leur offrir des opportunités durant leurs études ou les vacances.
Penser à l’épanouissement des jeunes
Je me pose la question de savoir, « comment avoir de l’expérience si le temps que j’aurais pu travailler, j’étais soit en train d’étudier, soit en train de m’ennuyer faute de travail étudiant ou de vacances ? ».
En fait, je n’ai pas beaucoup d’activités pour m’occuper durant les vacances et il n’y a même pas des travaux saisonniers. Mon horizon ne s’élargit pas pendant les vacances. Les vacances, qui devaient être un moment d’épanouissement deviennent pour moi une période où je tue mon temps. Et cela malgré toutes mes meilleures intentions.
Mon cri de cœur est celui-ci : j’aimerais qu’on puisse avoir des structures et des initiatives à Kinshasa pour transformer le temps des vacances en une période où les enfants et les jeunes peuvent apprendre et développer des nouvelles compétences.
Alors, pour l’instant, je ne sais pas quoi faire. « Vivent les vacances et bienvenue l’ennui ». J’espère qu’on pourra créer des opportunités d’épanouissement et d’apprentissage à la jeunesse kinoise et congolaise.
Choisie Nseka est Jeune Encadreuse des Enfants Reporter à Kinshasa. Elle a participé à plusieurs activités de plaidoyer en faveur de la protection, de l’éducation et de la participation des enfants.
