Il y a quelques mois, j’ai failli perdre ma petite sœur. Elle avait la malaria. Cette expérience m’a traumatisée. Je m’appelle Sublime Angangondo, j’ai 11 ans et je suis enfant reporter de Kinshasa. J’ai deux petites sœurs.

 

 « Au secours ! »

Je suis assise avec ma mère à l’extérieur parce qu’il fait chaud. On regarde mes sœurs jouer. Rayanne, ma petite sœur, s’effondre soudainement. On croit d’abord que c’est un jeu. Puis maman va vers elle en courant. Elle s’est évanouie. Ma maman crie au secours. Elle prend ma sœur dans ses bras et part avec mon autre sœur et moi à l’hôpital. On y va presque en courant. Le premier hôpital ne peut pas nous aider. Les médecins parlent d’une transfusion sanguine parce que ma sœur perd du sang. Mais l’hôpital n’a pas de poche de sang du groupe sanguin de ma sœur. Nous sommes transférés dans un autre hôpital.

Deuxième hôpital. Ma sœur est reçue en urgence. On place son corps sur une civière. Les infirmiers sont pressés. Des larmes sont sur les joues de maman. Je la sens inquiète. Elle répète : « Seigneur, au secours ! ». Dans mon cœur, je parle à Dieu. Je lui dis que Rayanne ne peut pas mourir. Que les choses ne soient plus les mêmes si elle meurt. Il doit sauver ma sœur.

Après quelques heures, les médecins nous annoncent les résultats des examens. Ma sœur a une croix de palu. On place le traitement, mais elle est toujours inconsciente. On ne sait pas dans combien de temps elle va ouvrir les yeux. On a aussi pu lui trouver du sang. Plus tard, maman a demandé qu’on ramène mon autre sœur et moi à la maison. « Les enfants ne restent pas à l’hôpital », dit maman. J’ai peur. En fait, je ne suis pas sûre de revoir ma sœur en vie. Je continue de prier. Quelques jours plus tard, ma sœur est guérie. Mais je reste inquiète.

 

Mon plaidoyer pour mettre fin au paludisme en RDC

Voir ma sœur à l’hôpital m’a fait comprendre que la malaria est une maladie dangereuse. J’ai appris que la saleté et l’eau stagnante attirent les moustiques qui nous donne cette maladie. Du coup, je regarde l’environnement différemment.

Je souhaite que des sensibilisations soient faites pour parler aux familles de l’importance de préserver l’environnement, les initier à la gestion des déchets et mettre en place un système de nettoyage des rues. Mais aussi, encourager la prise du vaccin anti-palu pour les enfants en âge de les recevoir et fournir suffisamment de vaccins anti-palu aux centres de santé pour qu’un grand nombre d’enfants en RDC reçoivent le vaccin. Cela peut sauver des vies.

 

Encadreuse : Abigael Mwabe