Je m’appelle Marie Reine Cibanvunya, jeune reporter de la ville de Bukavu et étudiante en deuxième année de médecine à l’Université Catholique de Bukavu.

Le dimanche 2 août 2026, avec mes collègues de deuxième année, nous avons organisé une visite et une action de solidarité auprès des enfants malnutris hospitalisés à l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB).

Cette activité s’inscrivait dans le cadre de « Nextland », un thème choisi par notre promotion pour marquer notre passage du campus Mulindwa vers l’amphithéâtre situé à l’HPGRB. Pour nous, « Nextland » signifie « quitter l’ancien monde pour aller vers un nouveau monde ».

À l’Université, les étudiants en médecine suivent leurs deux premières années au campus Mulindwa avant de poursuivre leur formation clinique à l’hôpital. Ce changement représente une nouvelle étape de leur parcours, où les enseignements théoriques rencontrent enfin les réalités du terrain.

Pour célébrer cette transition, nous avons prévu plusieurs activités : une fête entre étudiants, une visite des différents services de l’hôpital et action de solidarité auprès des enfants souffrant de malnutrition.

Pourquoi j’ai pensé à l’UNICEF

Pendant les préparatifs, nous recherchions des partenaires susceptibles de soutenir notre initiative.

J’ai alors proposé de contacter l’UNICEF. En tant que jeune reporter, je savais que cette organisation œuvre pour les droits des enfants. Je pensais également qu’un membre du personnel pourrait être sensible à notre démarche.

Nous avons rédigé une lettre de demande de soutien et j’ai été chargée de la déposer au bureau de l’UNICEF à Bukavu. Après avoir demandé conseil à l’un de mes encadreurs, je me suis rendue sur place.

L’équipe m’a réservé un accueil chaleureux. Après avoir présenté notre projet, les agents m’ont expliqué qu’il s’agissait d’une très belle initiative et m’ont demandé de revenir deux semaines plus tard. C’est à cette occasion que j’ai échangé avec Monsieur Adelard Mahamba qui est un staff de l’Unicef et deux de ses collègues.

Notre objectif était simple : partager un moment de joie avec les enfants, leur apporter un peu de réconfort et les sensibiliser aux mesures de prévention contre Ebola, alors que l’épidémie refaisait parler d’elle dans la région.

Un soutien arrivé au bon moment

Deux semaines plus tard, je suis retournée au bureau. On m’a assuré que notre demande n’avait pas été oubliée et que je serais recontactée.

La veille de notre activité, Monsieur Adelard Mahamba m’a appelée pour savoir si elle était toujours maintenue. Il m’a expliqué que notre demande était arrivée tardivement et qu’il n’avait pas été possible de la traiter dans les délais habituels. Pendant quelques instants, j’ai cru que nous ne recevrions aucun appui.

Puis il m’a annoncé qu’il avait décidé de nous soutenir personnellement. Ce sera donc un moyen pour lui d’assister les enfants malnutris.

J’étais très heureuse d’apprendre cela. J’ai immédiatement informé toute l’équipe organisatrice. Grâce à sa contribution, nous avons pu acheter davantage de nourriture et ajouter des gels désinfectants qui ont été distribués aux enfants.

Une journée pleine d’émotions

Le jour de l’activité, nous avons commencé par visiter le service de nutrition sous la conduite d’un médecin.

Cette visite m’a profondément marquée. J’y ai vu de nombreux enfants souffrant de malnutrition. Chaque chambre racontait une histoire différente, mais toutes avaient un point commun : celle d’enfants qui luttent chaque jour pour retrouver leur santé. Nous nous sommes ensuite réunis avec les enfants et leurs mamans.

Avant de commencer les distributions, nous avons pris quelques minutes pour expliquer les mesures de prévention contre Ebola. Cette sensibilisation était importante, car les enfants hospitalisés sont particulièrement vulnérables face aux maladies.

Après une courte prière, nous avons distribué les repas composés de riz et de haricots.

Grâce au soutien reçu, chaque maman a pu recevoir de la nourriture en quantité suffisante. Les enfants ont également reçu des jouets, des poupées et des gels désinfectants. Leurs sourires faisaient oublier, pendant quelques instants, les difficultés qu’ils traversaient.

La rencontre que je n’oublierai jamais

Au cours de cette journée, j’ai fait la connaissance de plusieurs enfants. Parmi eux, il y avait Noella, âgée de 12 ans, hospitalisée depuis deux mois, ainsi qu’Emedo, âgé de 5 ans.

En discutant avec Noella, elle m’a confié qu’elle souhaitait simplement retrouver une vie normale, comme les autres enfants, et guérir le plus vite possible. Ses paroles m’ont profondément touchée et je souhaite qu’elle recouvre vite la santé pour pouvoir jouer comme tous les enfants.

Une expérience qui restera gravée dans nos cœurs

À la fin de cette journée, les enfants étaient heureux, leurs mamans également, et toute notre équipe avait le sentiment d’avoir apporté, à son échelle, un peu de réconfort.

La réussite de cette action de solidarité n’aurait pas été possible sans le soutien de Monsieur Adelard Mahamba, que je remercie sincèrement, ainsi que toutes les personnes qui ont contribué à cette initiative.

J’encourage également toutes les mamans à continuer de prendre soin de leurs enfants.

À tous les enfants qui luttent contre la malnutrition, je vous demande de rester courageux, de garder espoir et de continuer à croire en des jours meilleurs. Chaque sourire est une victoire, et chaque geste de solidarité peut redonner de l’espoir.

J’encourage également les autorités de la République Démocratique du Congo à poursuivre leurs efforts pour renforcer les capacités des hôpitaux, notamment en les dotant d’équipements et de ressources adaptés à la prise en charge de la malnutrition. Cela permettra d’améliorer les soins et d’offrir à davantage d’enfants la possibilité de guérir et de retrouver une vie en bonne santé.