Mon plaidoyer pour que l’éducation en Ituri ne passe plus après l’or

éducation en IturiJEUNE REPORTER – Dans ma province, l’Ituri, de nombreux enfants n’ont pas accès à l’éducation. Les enfants utilisés dans les mines d’or fréquentent les minières au lieu d’être à l’école. Pour ce reportage, je suis allé à la rencontre de ces enfants, à 85 kilomètres de chez moi, lors du lancement de la campagne « Back to School » pour cette nouvelle année scolaire.

L’enfant a besoin de l’éducation pour être au centre du développement de demain. En République Démocratique du Congo, le droit à l’éducation de l’enfant n’est pas garanti or « assurer l’accès de tous a une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie » est le quatrième Objectif de Développement Durable.

Un territoire fortement peuplé mais où peu d’enfants fréquentent l’école

Territoire enclavé au centre de la Province de l’Ituri mais territoire reconnu dans le pays et même dans certains coins du monde de par ses richesses minières. Diverses sociétés y exploitent l’or depuis des années (SOKIMO, AGK, etc.).

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Ressources minières de l’Itudi

Ce territoire ne représente seulement que 12,46% de la superficie totale de la province mais, curieusement, c’est le plus peuplé des 5 territoires qui constituent la Province. De quel territoire s’agit-il ? Eh bien, celui de Djugu

D’après la Division provinciale de l’Enseignement Primaire et Secondaire de l’Ituri, au cours de l’année scolaire 2014-2015, le taux de fréquentation scolaire n’était que de 21% au niveau primaire et de 14% au niveau secondaire. Il s’agit d’un très faible taux comparé aux autres territoires pourtant moins peuplés et moins riches que le territoire de Djugu. Cette situation malheureuse suscite non seulement beaucoup de questions mais laisse aussi une inquiétude par rapport à l’avenir de milliers d’enfants de cette zone. Cette problématique est la raison principale pour laquelle la campagne « Back to School » a été lancée et est même centrée dans ce territoire.

L’or face à l’ éducation en Ituri

La campagne « Back to School » a été lancée, comme l’année passée, sur le territoire de Djugu. A cette occasion, une cérémonie de lancement a réuni parents, enfants, notables locaux, ODH et UNICEF à Mongbwalu (80 kilomètres de la ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri).

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Lancement de la campagne “Back to School” à Mongbwalu

Lors de cette cérémonie, Idris KOMA KOKODILA, l’administrateur du territoire, a déclaré que « les carrières minières, attirent non seulement des adultes mais également des enfants venus soit accompagner leurs parents, soit venus d’eux-mêmes dans l’espoir de ramasser aisément des kilos d’or».

La campagne « Back to School » vise l’inscription massive des enfants à l’école au lieu de laisser ces enfants travailler dans les carrières.

A la rencontre d’un enfant travaillant dans les carrières

Après la cérémonie de lancement de la campagne, je me suis rendu avec Angèle, un autre Enfant Reporter, à Kpangba, localité située à 7 kilomètres de Mongbwalu. Cette localité, riche en or, a vu arriver plus de 15.000 personnes depuis le début de cette année. Parmi eux, des femmes enceintes et des enfants en dépit des différentes mesures interdisant leur présence dans de telles zones (source, la coordination de la Protection Civile Ituri). La situation sanitaire reste déplorable à Kpangba : pas des puits d’eau, manque des latrines, etc.

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David à la rencontre d’un jeune travaillant dans les carrières

Accompagnés du point focal Enfant Reporter d’ODH Ituri, Angèle et moi avons rencontrés un jeune de 15 ans. Il était venu à Kpangba chercher de l’argent pour la rentrée scolaire. Il ajoute que « c’est presque une coutume ici, dès 10-12 ans, les enfants doivent s’initier à travailler dans les carrières pour bien garantir leurs vies d’adultes». Est-il fondé d’espérer gagner sa vie de cette façon ou s’agit-il simplement d’une espérance sans aucune garantie  ?

Ces enfants sont nombreux à participer de façon directe ou indirecte à l’exploitation de l’or au lieu de se focaliser sur leur scolarisation. Ceux inscrits au début de l’année ont parfois du mal à achever normalement leur année scolaire car l’abandon est très important lors de la découverte d’une nouvelle zone abondante en or.

L’éducation comme priorité

Pour encourager la scolarisation des enfants dans le territoire de Djugu l’année passée, des kits scolaires ont été distribués dans 427 écoles par l’UNICEF. Cette année, à travers l’EPSP Ituri, l’UNICEF fournira des fournitures scolaires à près de 48.000 enfants de première année ainsi que des kits pédagogiques à 1.750 enseignants. Avec son partenaire CARITAS Bunia, UNICEF va également continuer à appuyer les activités de protection sociale pour le maintien et la protection scolaire de 11.910 enfants vulnérables dans 397 écoles de la sous-division de Djugu.

Les efforts de l’UNICEF ne sont pas négligeables pour la promotion de l’éducation pour tous les enfants dans ce territoirecomme partout dans le pays. Malgré ces efforts, seulement 58,5% des enfants de 6 à 7 ans étaient inscrit sen première année (2015-2016). En termes de scolarisation primaire, la sous-division de Djugu est en avant-dernière place parmi les 10 sous-divisions que compte l’Ituri.

L’effectivité de la gratuité de l’école primaire pose problème. A cela s’ajoute un manque de volonté des parents. Il est nécessaire qu’enfants et parents prennent conscience que la scolarisation est primordiale.

Faisons avancer l’humanité en scolarisant les enfants, car l’éducation c’est la priorité des priorités.

En savoir plus sur la situation de l’éducation en RDC

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David

David a rejoint le Club d'Ecoute pour Enfants en 2012. Deux ans après, il en est devenu le porte-parole puis en 2015, le coordonnateur. La même année, David est devenu Enfant Reporter. Il présente également diverses émissions sur les droits de l'Enfant. "Parler des droits de l'Enfant via les médias, c'est ma préférence". David étudie le droit à Bunia et rêve de travailler à la défense des droits des plus vulnérables.

David joined the Children's Listening Club in 2012. Two years later, David became the spokesperson and in 2015 the coordinator. That same year, David became a child reporter. Since 2014, David has hosted various programmes on child rights.  "I want to use the media to talk about child rights”. David studies law in Bunia and dreams of working to protect the rights of the most vulnerable. He says he will always work for children.

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