Dieu Merci Shukuru, 14 ans, est enfant reporter à Goma, province du Nord-Kivu. Actuellement, il vit dans un site des déplacés.

Je suis Dieu Merci Shukuru, enfant reporter de Goma dans la province du Nord-Kivu et j’ai 14 ans. Je vis sur le site des déplacés de Lushagala.

 

Depuis que nous avons fui les violences, nous sommes installés sur le site des déplacés. Lorsque nous sommes arrivés, je passais mon temps au point d’écoute de CAJED, une ONG qui s’y est aussi installée. Je joue avec d’autres enfants et on apprend quelques métiers.

C’est là aussi que j’ai commencé à faire des amis. On nous apprenait aussi le tissage des sacs, paniers, etc. Mais, au début, j’avais du mal avec le tissage des paniers. Maintenant, je sais comment faire.

 

J’ai aussi rencontré Amani Akili, un autre enfant qui vient jouer à CAJED. Il a 13 ans et est en 7ème. « Je vis dans sur le site de Lushagala depuis le mois de février 2023. J’allais jouer chez CAJED et rentrais à la maison. J’ai commencé à apprendre le tissage des paniers. Pour mieux apprendre, je devais me motiver. J’ai été pris parmi les apprenants. Après la formation, j’ai essayé de suivre ce qu’on nous disait. Et un jour, j’ai réalisé mon premier panier. Il était petit. J’ai continué jusqu’à ce que je maitrise. Je me sens fier », se félicite Amani. Il dit avoir déjà fabriqué 6 paniers. Il en a ramené un chez lui à la maison.

 

 

Éviter le stress

 

« Même si nous vivons dans le camp des déplacés, je fais de mon mieux pour éviter le stress.  Lorsque je commence à penser sur tout ce que je vis dans le camp et à la maison, je suis triste. C’est pour cela que je vais jouer au CAJED pour oublier mes soucis et apprendre le tissage des paniers. Je me sens bien parce que j’ai appris quelque chose. Une fois qu’on rentrera au village, je pourrai apprendre ce que je sais à d’autres enfants. Je vais demander à mes parents de m’acheter des fils et le ciseau. Une fois que je rentre de l’école, je vais fabriquer des paniers que mes parents pourront les vendre», espère Amani Akili.

Cet enfant de 13 ans, affirme avoir de l’espoir que la situation va s’améliorer. « Maintenant, je sensibilise mes amis de l’école et mes voisins. Je leur dis de ne pas seulement aller au point d’écoute CAJED pour jouer. Ils peuvent aussi apprendre le tricotage, le tissage des paniers ou même faire la fabrication des bracelets à travers les perles. Ceux qui n’ont jamais été à l’école peuvent apprendre l’alphabet », m’a confié Amani.

 

Après avoir parlé avec cet enfant, je demande aux parents d’encourager les enfants à apprendre. Ils peuvent aussi les accompagner dans ce qu’ils font sur le site des déplacés. Pour les parents qui n’encouragent pas leurs enfants à apprendre, je leur demande de changer d’avis. Apprendre est toujours important pour un enfant.

 

 

Encadreur : Brigitte Nirere