Il fut un temps où la ville de Kinshasa était surnommée « Kinshasa la Belle » à cause de sa beauté et de sa propreté. Mais aujourd’hui, notre capitale passe d’une image de ville-poubelle à celle d’un éternel chantier.
Je suis Choisie Nseka, jeune reporter et encadreur des enfants reporters de la ville-province de Kinshasa.
Pour les habitants du rond-point Ngaba, l’un des coins populaires de la ville de Kinshasa et ses environs, emprunter l’avenue de l’Université est une direction obligée, car c’est le trajet le plus court.
Pourtant, au niveau du rond-point « Ezo », la route est devenue un véritable calvaire. Elle est complètement abîmée. Là où la circulation devrait être fluide, il faut désormais plus de 45 minutes pour franchir quelques mètres en contournant à travers les avenues. Cette situation crée de gros embouteillages dans ce coin de la ville.
Après la pluie, un spectacle désolant
Le spectacle devient encore plus désolant après chaque pluie. Entre le coin appelé Kapela et le rond-point Ezo, la chaussée est complètement inondée et les caniveaux sont bouchés.
Pire encore, certains habitants profitent de la pluie pour vider leurs déchets et leurs fosses septiques dans les eaux de ruissellement.
Aujourd’hui, traverser le rond-point Ezo relève du parcours du combattant. Même sur une moto, le risque de chuter et de tomber dans l’eau sale est très élevé. Plusieurs personnes sont déjà tombées.
Dans les bus, il faut faire preuve de patience pour une attente qui peut durer de 45 minutes à plus d’une heure.
Les élèves et étudiants fortement impactés
Pour les élèves et les étudiants, la situation est particulièrement difficile. Il faut quitter la maison deux à trois heures à l’avance pour espérer arriver à temps à l’école.
Les habitants de ce coin se plaignent également des maladies dont ils sont victimes depuis un moment, car ces eaux stagnantes favorisent le développement des moustiques, surtout ceux porteurs du paludisme. Les enfants souffrent aussi de la typhoïde, qui devient fréquente dans cette zone.
Face à l’urgence, la population tente désespérément de combler les nids-de-poule avec du sable et des cailloux. Mais entre les pluies torrentielles qui emportent tout et les fuites permanentes de tuyaux de la Regideso qui fragilisent le sol, leurs efforts restent vains.
Aujourd’hui, le problème est double : l’érosion sur la route et la tuyauterie dégradée.
Un appel aux autorités et à la communauté
Face à cette détresse, le silence des autorités résonne comme une unique réponse. Dans cette ville transformée en chantier, ce tronçon oublié expose les enfants à des dangers permanents, notamment des maladies graves, des accidents de la route et d’importants risques sanitaires.
J’interpelle les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour reconstruire cette route afin de permettre à la population de se déplacer correctement et de réduire les embouteillages.
J’interpelle également la communauté de ce coin de la ville, en particulier, et de toute la ville de Kinshasa en général, à changer de mentalité et à arrêter de déverser les déchets sur la route, car le changement commence par soi-même.
Choisie Nseka est Jeune Encadreuse des Enfants Reporter à Kinshasa. Elle a participé à plusieurs activités de plaidoyer en faveur de la protection, de l’éducation et de la participation des enfants.
