Je m’appelle David Ramazani, jeune encadreur des Enfants Reporters de Bunia. Lors de mon passage à l’École primaire Usombu, située dans le groupement Betingembi, secteur de Bavandaka, dans le territoire de Bafwasende (province de la Tshopo), j’ai rencontré des centaines d’enfants déterminés à apprendre malgré des conditions particulièrement difficiles.
Parmi eux se trouve Junior, 11 ans, élève de quatrième année primaire. Comme beaucoup d’enfants de son âge, il nourrit de grands rêves pour son avenir. Mais avant de penser à demain, il espère d’abord pouvoir étudier dans une école où la pluie ne viendra plus interrompre les cours.
Au cœur du territoire de Bafwasende, le manque d’infrastructures scolaires adaptées demeure une réalité quotidienne pour de nombreuses communautés. À l’École primaire Usombu, les salles de classe sont fortement dégradées, certaines ne disposent pas d’une toiture capable de protéger les élèves des intempéries, les pupitres sont insuffisants et les conditions d’apprentissage restent précaires.
« Nous aimons étudier, mais parfois cela nous décourage », confie Junior, regardant avec fierté et regrets le bâtiment scolaire dégradé.
« Quand le ciel devient sombre, l’enseignant nous demande de rentrer à la maison. Parfois, la pluie nous surprend sur le chemin. Nos cahiers sont mouillés, nous aussi, et certains enfants tombent malades », raconte-t-il.
Des rêves plus grands que les difficultés
Malgré ces difficultés, Junior refuse d’abandonner ses ambitions.
« J’aime l’école. J’aime aussi le football. Papa me dit qu’il faut d’abord bien étudier pour avoir un bon avenir. Plus tard, je pourrai aussi jouer au football », explique-t-il avec un sourire.
Junior souhaite fréquenter une école où il pourra apprendre dans une salle de classe sûre, sans devoir interrompre les leçons dès les premières gouttes de pluie.
Des enseignants confrontés aux mêmes réalités
À l’École primaire Usombu, les enseignants partagent les mêmes préoccupations.
« Notre école accueille près de 500 élèves. Lorsqu’il pleut, nous sommes obligés de renvoyer les enfants chez eux. Si les pluies se répètent, le calendrier scolaire est perturbé et il devient difficile d’achever correctement le programme », témoigne un enseignant de cinquième année primaire.
Comme les parents et les élèves, il lance un appel en faveur d’un accompagnement permettant d’améliorer les infrastructures scolaires afin d’offrir aux enfants un environnement d’apprentissage plus sûr et plus propice à leur réussite.
Lors de mon passage au début du mois de juin 2026, les élèves étaient en pleine période d’examens. Certains étaient assis sur des pierres, d’autres utilisaient leurs genoux comme appui pour écrire. Heureusement, le temps était clément ce jour-là. Les épreuves ont pu se dérouler normalement, sans interruption.
Offrir aux enfants les conditions d’apprendre
Alors que la République Démocratique du Congo poursuit ses efforts pour améliorer les infrastructures scolaires, notamment à travers le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), de nombreuses écoles situées dans les zones rurales continuent de fonctionner dans des conditions précaires, marquées par des bâtiments insuffisants ou dégradés et un accès limité aux équipements essentiels.
Dans certaines localités de la province de la Tshopo, des enfants poursuivent encore leur scolarité dans des bâtiments insuffisamment équipés, voire sans infrastructures adaptées.
À travers cette visite, j’ai compris que, pour Junior et ses camarades, disposer d’une salle de classe sécurisée représente bien plus qu’un simple confort. C’est une condition essentielle pour apprendre, grandir et construire sereinement leur avenir.
Les enfants ne demandent pas des écoles parfaites, mais des écoles où ils peuvent apprendre en toute sécurité et dans de bonnes conditions. J’encourage les autorités et tous les partenaires à poursuivre leurs efforts afin qu’aucun enfant ne soit privé de son droit à une éducation de qualité, où qu’il vive en RDC.
Ancien Enfant Reporter, David Ramazani encadre aujourd’hui la nouvelle génération d’Enfants Reporter à Bunia.
