Est-ce qu’un enfant déplacé a des droits ? A-t-il les mêmes droits que d’autres enfants ? Je m’appelle Kethia et j’ai 16 ans. J’étudie au complexe scolaire Mama Mulezi à Goma, dans la province du Nord-Kivu.
Chaque matin, quand je vais à l’école, je croise des enfants déplacés sur les routes. Ils sont livrés à eux-mêmes. Et ils se promènent dans la journée à travers la ville pour demander de l’aide ou à manger.
Du coup, il y a beaucoup d’enfants déplacés qui ne vont pas à l’école. Ils sont privés de leur droit à l’éducation. Et pourtant, l’article 28 de la Convention relative aux droits de l’enfant consacre le droit de chaque enfant à l’éducation. Comment garantir ce droit aux enfants déplacés ?
Pourquoi ces enfants ne vont pas à l’école ?
Les enfants déplacés que je croise à Goma ont quitté leurs villages suite à la situation d’insécurité et aux conflits armés. Lorsqu’ils arrivent à Goma avec leurs familles, ils n’ont pas de ressources suffisantes pour vivre.
Alors, les parents ont comme priorité trouver d’abord un abri et à manger pour la famille. L’éducation ? On verra.
Un droit violé a des conséquences sur les enfants
En fait, lorsque les enfants déplacés ne vont pas à l’école, leur avenir devient incertain. Ils grandissent sans les outils nécessaires pour se construire une vie meilleure.
Privés d’éducation, ces enfants risquent de ne pas avoir des perspectives pour améliorer leurs conditions de vie. Alors que s’ils sont éduqués et qu’ils apprennent, demain, ils seront capables de se prendre en charge et d’être utiles à la société.
Sans éducation, les enfants finissent par être exploités parce qu’ils n’ont pas de choix pour leur avenir.
L’article 29 de la CDE soutient que l’éducation doit permettre aux enfants de développer leurs capacités et de participer pleinement à la société. Des enfants qui ne vont à l’école sont déjà exclus. Parmi eux, les enfants déplacés.
Que peut-on faire ?
Il est urgent et nécessaire de garantir l’accès à l’éducation aux enfants déplacés en RDC. Je demande donc aux autorités d’investir dans la construction d’écoles proches des camps des déplacés. Ces enfants sont comme d’autres enfants de la RDC et ils doivent être dans des conditions qui vont leur permettre d’apprendre.
Je voudrais que les organisations non-gouvernementales soutiennent les initiatives qui vont dans le sens de garantir l’éducation aux enfants déplacés. Ces organisations peuvent leur distribuer des fournitures scolaires et organiser des cours temporaires pour les enfants déplacés. C’est déjà le cas dans les écoles temporaires. Il en faudrait plus pour contenir tous les enfants. Les communautés devraient aussi sensibilisées sur l’importance de l’éducation.
Les habitants de Goma et ceux d’autres villes où il y a des enfants déplacés, je demande d’unir les efforts pour soutenir, avec leurs moyens, l’éducation de ces enfants. S’ils ne sont pas encadrés, ils peuvent devenir à la longue un danger pour les populations locales.
Un enfant déplacé n’a pas choisi de vivre cette vie. Ce n’est pas parce qu’il a fui la guerre qu’il doit aussi être privé de son avenir. L’éducation est un droit, pas un privilège. Il est temps d’agir en faveur des enfants déplacés.