Mon appel à la Paix pour tous les enfants du Congo

Ce weekend, chez moi à Goma, nous avons célébré la Journée mondiale de la Paix.

Il y a eu beaucoup d’activités auxquelles j’ai participé comme Enfant Reporter. Je suis devenue U Reporter, j’ai affronté l’équipe de l’UNICEF au football, j’ai interrogé Akon, Jude Law et l’équipe de Peace One Day sur l’organisation du concert historique du dimanche.

Maintenant, pour la Paix, je veux vous parler des violations des droits de l’Enfant, et plus précisément de la guerre et de l’enrôlement des enfants dans les groupes et les forces armées.

La place de l’enfant n’est pas dans l’armée, elle est dans sa famille, pour lui permettre de jouir de ses droits, recevoir une éducation familiale et sociale en vue de grandir dans les meilleures conditions.

Dans notre pays, à cause des guerres, trop d’enfants ont été enrôlés dans les groupes armés. Mais ces choses-là sont un mystère pour nous, les enfants, et doivent le rester.  Je me demande comment sera l’avenir du Congo avec ces enfants dans les groupes armés.

Ces enfants vivent une vie difficile, ne sont pas scolarisés et subissent des travaux qui ne correspondent pas à leur âge. En regardant les gens mourir comme des chèvres, les enfants développent des troubles mentaux. Ils sont tellement stressés qu’ils grandissent avec la haine dans leur esprit. Ils n’ont plus pitié des gens, ils n’ont plus le goût de vivre en famille avec leurs parents.

Je voudrais éveiller la conscience de nos autorités. Nous, les enfants du Nord Kivu, comme tous les enfants, nous ne sommes pas destinés aux guerres.

Nous sommes créés pour vivre dans la paix, la joie et la liberté de chaque jour.

Je vais vous compter mon histoire de la prise de Goma par le M23. Les groupes armés ont beaucoup dérangé le Nord Kivu, nous en avons assez. J’étais à l’école quand les M23 sont entrés dans la ville de Goma. Mon école se trouve à 2 km de chez moi. Quand j’ai quitté l’école pour fuir à la maison, j’ai trouvé des personnes qui venaient de Kanyaruchinya. C’est un village qui est situé à 10km du Nord de la ville de Goma. Les enfants transportaient des bidons, matelas, chèvres et consorts. J’ai été dégoûtée par cet événement.

Quelques fois, je m’assois et je me pose la question : j’ai vécu la guerre pour une semaine, comment est-ce pour eux ?

Ces enfants qui fuient encore vers Goma, sont peut être nés quand il y avait les affrontements chez eux. On peut prendre le cas des enfants de Rutshuru et de Masisi. Ils n’ont peut-être connu que la guerre et les déplacements. C’est horrible et c’est très écœurant.

L’enfant est un être précieux qu’on doit aimer, protéger et respecter.

Pour que son avenir soit meilleur, et qu’il puisse être utile à lui-même à sa famille et pour la société, il doit jouir de ses droits.

Pour être capable de revendiquer mes droits, je dois connaitre ces droits. Il faut que les droits de l’enfant soient respectés par tout le monde, quel que soit le sexe, la race et même le rang social. Et la guerre n’a rien à voir là-dedans.

Nous enfants du Nord Kivu, nous avons beaucoup souffert. Je demande aux autorités d’écouter mon appel : en tant qu’enfants, nous avons tous le droit à la participation et à la Paix.

Photo: UNICEF RDC 2014 Kelvin Batumike

The following two tabs change content below.

Josiane

Josiane a 15 ans et vit à Goma. Elle est devenue Enfant Reporter en 2014 pour montrer que les filles ont un rôle important à jouer dans la société et pour lutter contre les violations des droits des enfants. Josiane étudie en 3ème en section sociale. Elle aimerait devenir psychologue ou sociologue pour mieux comprendre et aider les enfants. Son cheval de bataille, c’est « la place de l’enfant, c’est en famille et à l’école, pas dans les groupes et forces armées ».

Josiane is 15 years old and lives in Goma. She became a Youth Reporter in 2014 to show that girls play an important role in society and to help fight against the violations of children’s rights. Josiane studies in the Social Studies section of her high school. She would love to become a psychologist or sociologist to better understand and help children. Her battle cry – “the place of child is with the family and at school, not with groups of armed forces.”

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *