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Francine Mwanakyanga, enfant reporter de la ville de Kipushi, province du Haut-Katanga.

Pendant les épreuves préliminaires des examens d’Etat, les élèves sont souvent motivés de passer leurs examens dans les différents centres. J’ai rencontré des élèves qui ont parcouru 60 km pour arriver dans leur centre à Kipushi.

 

Ces élèves sont de l’Institut technique agricole Shinga. Je suis Francine Mwanakyanga, enfant reporter de Kipushi.

En fait, Shinga est un village situé à une trentaine de kilomètres de Lubumbashi vers Kasumbalesa. Et certains élèves de ce village doivent se déplacer pour passer leurs examens.

 

Un diplôme d’Etat au prix des sacrifices

Ils sont 12 élèves qui viennent de Shinga pour passer l’examen de dissertation à Kipushi ce lundi 6 mai. Accompagnés de leur professeur de français et du préfet, ces élèves sont logés à l’institut Kipushi, école qui abrite le centre Kipushi 1 où ils sont inscrits.

Le voyage de Shinga à Kipushi n’a pas été facile. « Nous sommes arrivés par groupes de 2, 3, ou 4 élèves avec nos vivres et nos lits comme des déplacés de guerre », déplore l’un des élèves. Ils sont arrivés dans la soirée du samedi, le 04 mai 2024 pour commencer les examens le lundi.

Pendant la période des épreuves préliminaires, ces élèves seront loin de leurs familles. Ils vont devoir étudier et s’organiser pour la cuisine. Des charges en plus qu’ils n’auraient pas s’ils étaient restés près de leurs familles.

« C’est toujours ainsi chaque année pour la dissertation et lors de la session ordinaire des examens d’Etat », ajoutent ces élèves. Pourquoi obliger des élèves à parcourir autant de kilomètres pour passer leurs examens alors qu’il y a des centres d’examens d’Etat plus proches? C’est quoi le problème ?

 

Question de cartographie scolaire

L’ITA Shinga est une école de la sous-division éducationnelle de Kipushi, à une soixantaine de kilomètres de la ville de Kipushi. Et pourtant, il y a plusieurs sous-divisions proches de cette école, notamment à Lubumbashi, à une trentaine de kilomètres.

Alors, pourquoi ne pas envoyer ces élèves dans des centres de Lubumbashi ? Cela leur éviterait de parcourir autant de distance au risque d’avoir un impact négatif sur leurs résultats. « On pouvait nous placer même dans une école de Lubumbashi au lieu de nous faire souffrir. Il y a des centres presque partout à Lubumbashi. Comme on vient de très loin, on arrive fatigué. Et le jour suivant on doit passer l’examen », se plaint un autre élève.

 

Passer ses examens est un droit. Alors, j’aimerais que les autorités puissent penser aux défis auxquels certains élèves sont confrontés lors des examens d’Etat. L’inspection de l’EPST devrait revoir la cartographie scolaire pour rapprocher les élèves de leurs centres d’examens, surtout qu’il n’est pas toujours facile de se déplacer et de se loger dans d’autres villes. Ces élèves se sont sacrifiés pour leurs diplômes.

Je leur souhaite bonne chance.

 

Encadreur : Christian Katondo