Jemima Mukendi, 15 ans, est Enfant Reporter de Kipushi. Elle a commencé à écrire sur le blog des jeunes en 2021.

Je suis Jemima Mukendi, enfant reporter de Kipushi, dans la province du Haut-Katanga. Les enfants du quartier Kalubamba consomment l’eau de la rivière Kamarenge. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas d’eau. Et ces enfants ne savent pas les risques auxquels ils s’exposent en consommant cette eau.

 

La rivière Kamarenge est située sur une pente, en bordure de la cité de Kipushi. Elle en reçoit beaucoup de saletés de la ville. Il y a notamment des déjections des porcs, chèvres, et même celles des humains. Oui. Certaines personnes qui n’ont pas de toilettes font leurs besoins dans la rivière ou viennent jeter leurs matières fécales dans la rivière. Et, c’est cette eau que les habitants situés à proximité boivent et utilisent pour les travaux ménagers.

 

C’est là que j’ai aussi rencontré beaucoup d’enfants. Certains s’y baignent. D’autres y font la lessive. D’autres enfin, viennent puiser de l’eau dans des sceaux et bidons.

 

Des risques de maladies pour les enfants du quartier

Madame Louise est infirmière au centre de santé Saint Charles de Kipushi. Elle nous explique que beaucoup d’enfants et adultes sont exposés aux maladies hydriques. « Lorsqu’on consomme l’eau de cette rivière qui est impropre, on s’expose aux maladies généralement dites de mains sales, comme le choléra, la diarrhée, la gale, l’hépatite, la schistosomiase … ». Certaines de ces maladies peuvent être mortelles.

 

J’ai rencontré Céline à la rivière. Elle est consciente des risques liés à la consommation d’une eau impropre. « Cette eau est sale. Je suis inquiète pour mes amis qui continuent de la boire. Je me demande pourquoi les parents laissent leurs enfants consommer cette eau si sale », demande-t-elle. Face à la pénurie d’eau dans cette ville, certains enfants disent ne pas avoir d’autres choix.

 

Kipushi et la pénurie d’eau dans un quartier (@ponabana)

 

Choléra, une épidémie évitable

Le choléra est en tête de liste des maladies pour lesquelles j’ai le plus peur. En fait, le choléra est une maladie très contagieuse et très dangereuse si elle n’est pas traitée à temps et comme il faut.

Pour éviter l’apparition du choléra dans cette ville, je voudrais qu’on puisse sensibiliser la communauté sur les risques auxquels elle s’expose. Dire aux parents et aux enfants comment prévenir et éviter le choléra. Mais aussi, quels sont les gestes à faire en cas de choléra. Selon moi, le manque d’information peut contribuer à la propagation du choléra s’il apparaît à Kipushi.

Ces sensibilisations vont permettre d’épargner les vies des enfants qui sont les plus exposés. Ils sont souvent nombreux à aller à la rivière Kamarenge de Kipushi.

 

Cette sensibilisation devrait se faire dans les écoles, les églises et aussi passer par les médias, etc. Par exemple, bouillir de l’eau qu’on voudrait boire peut contribuer à limiter la propagation du choléra, bien nettoyer les aliments avant de les consommer et manger des aliments chauds, etc. L’autre pratique importante est de laver les mains avec du savon en quittant les toilettes, avant de manger, avant d’allaiter ou de nourrir l’enfant, avant de préparer les aliments et après avoir changé les couches de bébé.

Ce sont les moments importants où l’hygiène des mains est importante.

Pour chaque enfant, le meilleur état de santé possible

 

Je voudrais demander aux décideurs de mon pays d’allouer plus de fonds pour que la ville de Kipushi soit bien approvisionnée en eau, potable. Pour des enfants qui sont déjà atteints de choléra, une meilleure prise en charge est indispensable.

 

L’article 24 de la Convention des Droits de l’Enfant prévoit que « Les États parties reconnaissent le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de services médicaux et de rééducation. Ils s’efforcent de garantir qu’aucun enfant ne soit privé du droit d’avoir accès à ces services ».

Je demande aussi aux parents et à toute la communauté concernée de respecter les mesures d’hygiène et de bouillir ou de purifier l’eau avant de la consommer.

 

Nous demandons également au Chef du quartier Kalubamba d’interdire aux enfants et à la communauté de consommer l’eau de cette rivière qui est impropre. Mais, comment faire, si la communauté n’a pas d’autres solutions pour le moment ? Les parents devraient aussi s’impliquer pour se protéger et épargner leurs enfants des maladies, dont certaines, peuvent être mortelle.

 

Encadreur : Christian Maland