La rue n’est pas mon toit, la rue n’est pas la famille

Je suis Abigaël, enfant reporter de la Ville-Province de Kinshasa. J’ai participé du 22 au 24 janvier de cette année au colloque « Les enfants en situation de rue, diagnostic et perspectives ». J’ai fait la connaissance de quelques enfants en situation de rue et j’aimerai, à travers l’histoire de l’un d’eux faire un plaidoyer pour que des actions soient effectivement menées pour mettre fin à ce phénomène.

Qui sont réellement les enfants de la rue ?

Bien que beaucoup d’enfants passent du temps dans la rue, le terme « enfant de la rue » est utilisé ici pour désigner les enfants pour qui, la rue est devenue un véritable chez soi. La plupart des enfants se trouvant dans les rues ne sont pas sans famille mais vivent sans réelle protection ni surveillance ou assistance des personnes adultes responsables. Ces sont des enfants comme tous les autres, à la différence que leurs droits sont violés chaque jour. Pour moi, un enfant de la rue est un enfant dont les adultes n’ont pas voulu s’occuper en l’abandonnant.

Des parcours presque identiques

Les enfants de la rue qui ont participé au colloque ont des parcours presque similaires. Cela est connu depuis, mais, rien n’est fait, pour y mettre fin. Bien au contraire, au colloque, j’ai appris qu’il y en aurait, aujourd’hui, plus de 30.000 dans les rues de Kinshasa.

Jacques, est l’un de ses enfants de rue. Aujourd’hui, il est âgé de 16 ans et vit dans un des centres d’hébergement de la ville. Jacques, originaire de l’Equateur, n’a jamais connu son père et a perdu sa alors qu’il n’était âgé que 12 ans. Devenu orphelin, il a été recueilli par sa tante avec qui il est venu à Kinshasa. Durant deux ans, il a été scolarisé mais un jour, en revenant de l’école, Jacques a trouvé la porte de leur maison fermée… Sa tante n’est jamais revenue et Jacques s’est retrouvé dans la rue. Confronté à la loi de la rue, Jacques a été obligé de voler pour manger

Dans la rue, Jacques n’était pas seul. Il y vivait avec des enfants accusés de sorcellerie, ceux qui ont dû fuir le toit familial à cause de la maltraitance ainsi que ceux dont les parents ont décliné toute responsabilité.

Trop d’enfants ne jouissent de leurs droits

Bien que Jacques ait trouvé un endroit pour dormir aujourd’hui, il n’est pas épanoui. Il est triste parce rêve de retourner à l’école mais encore une fois, il n’y a personne pour le scolariser. Il se plaint pour ses amis qui continuent à survivre dans la rue alors qu’ils rêvent d’un toit, de nourriture, d’amour, de retourner à l’école. Tous ces enfants rêvent simplement de vivre au lieu de survivre.

La Convention internationale relative aux droits de l’Enfant dispose que tout enfant, même privé de son milieu familial, a des droits notamment le droit à la protection, le droit à l’éducation, le droit d’être nourri. Nous ne cesserons de plaider et parler au nom de nos amis enfants qui subissent chaque jour la violation de leurs droits.

Zéro enfant de rue, l’espoir d’un jour !

Comme nous l’indique si bien le slogan de l’UNICEF « pour chaque enfant », moi je le complète en disant « pour chaque enfant son droit à la protection », « pour chaque enfant son droit à la participation », « pour chaque enfants SES droits ». J’espère que les résolutions prises lors de ce colloque seront mises en œuvre afin d’éradiquer complètement le phénomène des enfants en situation de rue. Aussi, j’espère que notre société reprendra les anciennes valeurs selon lesquelles un enfant, même sans parents, ne manque jamais de toit car il appartient à toute la communauté.

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Abigael

Abigaël, 16 ans, est une Enfant Reporter de la Ville de Kinshasa.

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One comment

  • j’espère qu’un jour l’humanité reconnaîtra sa faute et prendra sa responsabilité en ce qui concerne le droit de l’enfant, surtout dans les pays en développement tel que la RDC, où le nombre d’enfant de la rue augmente du jour le jour sans qu’il ait un programme de protection pour ces enfants qui n’ont pour habitant la rue. seulement en plus ces enfants occupent les rues non assainies et non éclairées ajoutant ainsi leur vulnérabilité en plus du fait qu’ils sont considérés comme des ordures.
    #courage #Abigael, ta lutte portera ses fruits un jour.

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