Les Jeunes Reporters de l’Ituri se mobilisent pour la gratuité de l’éducation primaire

Pendant que le monde est en marche vers l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement, des milliers d’enfants en République Démocratique du Congo (RDC) n’ont pas accès à l’éducation, alors que c’est un droit fondamental reconnu à tous les enfants du monde au terme des articles 28 et 29 de la Convention Relative aux droits de l’Enfant (CDE).

La gratuité, notre priorité

En tant que porte-parole des jeunes reporters, j’ai coordonné l’ensemble de nos activités pour la Journée de l’Enfant Africain à Bunia. Le thème de la journée était « une éducation de qualité, obligatoire, gratuite et adaptée à tous les enfants en Afrique ».

Nous, jeunes reporters de l’Ituri, nous savons depuis la campagne « Back to School » de l’année dernière (lors de laquelle nous avons recueilli l’opinion des familles), que la gratuité est pour elles le problème le plus important pour l’éducation de leurs enfants.

La question de la gratuité était donc ce qui nous intéressait le plus pour cette Journée internationale de l’Enfant africain.

La Journée de l’Enfant Africain à Bunia

Le 16 juin 2014, les jeunes reporters de l’Ituri/Bunia sont allés à la rencontre de la communauté  pour recueillir leur avis sur la qualité et la gratuité de l’éducation primaire en RDC, en vue de faire un documentaire à caractère humain.

Des émissions radiophoniques ont aussi été animées par les Enfants Reporters pour toucher toutes les couches de la population sur la problématique de la qualité et la gratuité de l’éducation primaire.

Le thème de cette année, «Une éducation de qualité, obligatoire, gratuite et adaptée à tous les enfants en Afrique », a fait l’objet des différents exposés à la salle polyvalente CECA 20 de Bunia.

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Le plaidoyer des élèves de l’Ituri pour la gratuité effective de l’éducation

Au cours de cette Journée, le thème a été développé par M. Aloys Bandelengwe, le directeur de la division provinciale du Ministère de l’Education primaire, secondaire et professionnelle (EPSP), Province Orientale II. Le directeur a fait valoir que la gratuité est effective pour l’éducation primaire de la première à la cinquième année, car les frais scolaires payés par les parents sont un arrangement privé entre eux et les enseignants.

Son argument a été rejeté par les élèves de l’école primaire présents dans la salle qui ont estimé que leurs parents sont toujours forcés  de payer les frais scolaires, car ils sont souvent chassés de l’école pour même un léger retard de paiement.

C’est ainsi que M. Bandelengwe a garanti à tous les enfants de le tenir informé s’ils sont chassés de l’école pour motif de non-paiement de frais scolaires, considérant cet acte comme déloyal et pouvant entrainer des sanctions. Car, a-t-il argumenté, une circulaire du ministère de l’EPSP interdit formellement à toutes les écoles officielles et conventionnées  de chasser les élèves pour ce motif.

Les élèves présents à la manifestation ont exprimé leur satisfaction par des cris de joie et des applaudissements. La journée s’est achevée par une série de poèmes et de cadeaux remis aux enfants. C’est donc cette ambiance de fête qui a caractérisé la Journée de l’Enfant Africain à Bunia.

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Continuer à promouvoir le droit de l’Enfant à l’éducation gratuite

A mon humble avis, je pense que la gratuité n’est pas effective, sinon elle tiendrait compte des frais de fonctionnement et de collation que les parents paient à l’école. La gratuité est donc partielle et a peu d’impact. La décision encourageante prise lors de la Journée risque de ne pas pouvoir changer les choses, parce que les financements du gouvernement ne comblent pas toutes les dépenses.

Nous les jeunes reporters de l’Ituri, nous allons donc suivre la situation de près pour voir son évolution et rappeler aux autorités le droit des enfants à une éducation gratuite.

Depuis la Journée de l’Enfant Africain, nous avons finalisé le reportage vidéo sur la question de la gratuité et nous continuons de répandre les différents thèmes abordés ce jour-là à travers nos émissions de radio.

C’est très important pour nous de continuer d’en parler car trop d’enfants ne peuvent pas finir leur scolarité, et cela les expose à d’autres violations de leur droits et à des risques, comme le mariage précoce des jeunes filles.

Nous nous concentrons donc sur la promotion de ce message et comptons vraiment faire avancer la question de la gratuité de l’éducation des enfants, un droit reconnu par la CDE.

Photos: UNICEF RDC 2014 Ndiaga Seck

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Nathan Mugisha

Nathan Mugisha est né et vit en Ituri. En 2007, il adhéra au club d’écoute pour enfant, dont il est devenu porte-parole en 2009. Depuis 2012, il est coordonnateur du Club d’Ecoute pour Enfant de l’Ituri. En 2011, il est devenu enfant reporter. Il est actuellement porte-parole des enfants reporters de l’Ituri et du Haut Uele et auteur de plusieurs articles à caractère humain. Nathan étudie maintenant le Droit à l’université de Bunia. Son crédo :"un enfant n’est pas enfant parce qu’il est petit mais il est enfant parce qu’il deviendra grand"

Nathan Mugisha was born and lives in Ituri. He joined the Children's Listening Club of Ituri in 2007 and became its spokesperson in 2009. He has been its coordinator since 2012. Nathan is a young reporter since 2011 and is currently the spokesperson for all young reporters in ITURI and HAUT UELE. He is currently studying law at the University of Bunia. His motto: “a child is not a child because he is small, he is a child because he will grow”.

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