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Ange Raphaël est enfant reporter dans la ville de Kinshasa.

Je m’appelle Ange Raphaël et je suis enfant reporter de Kinshasa. J’ai une amie d’enfance et on habite le même quartier. Cette fille de 13 ans m’a raconté son histoire que je veux vous partager.

 

Je vais l’appeler Patricia, mais ce n’est pas son vrai prénom. Je l’ai modifié. Alors, depuis sa naissance, cette fille ne connait pas son père. Elle ne l’a jamais vu.

Et quand elle pose des questions à sa mère, elle lui répond toujours que son père voulait la tuer. Patricia ne sait rien de plus que son père a voulu la tuer. Du coup, en plus de n’avoir aucune information sur cette personne, l’enfant se demande pourquoi son propre père a voulu la tuer. Sa mère ne lui dit rien de plus.

 

Un jour, en rentrant de l’école, Patricia apprend que sa mère veut organiser une rencontre entre elle et son père.

« Le jour où on s’est rencontré pour la première fois, j’ai pleuré parce qu’il ne ressemble pas à un tueur », me raconte-elle, au bord des larmes. Lors de cette rencontre l’enfant prend son courage à deux mains et demande à son père s’il a voulu la tuer. Son père a répondu : non. Le père a ajouté que la mère avait menti à l’enfant. Selon le papa, c’est pour une autre raison qu’il s’est séparé avec la mère de sa fille. Seulement, il ne lui a pas donné plus d’explications. Je n’imagine pas quelles idées ont traversé la tête de mon amie. Elle avait une version de son histoire, celle de sa mère. Maintenant, elle a une autre version, celle de son père. Mais, elle ne sait pas toujours pourquoi ses parents se sont séparés.

 

Deux mois après la rencontre avec son père, l’enfant apprend qu’elle doit déménager. Elle va passer deux ans chez ses grands-parents pour étudier. Elle va aussi se séparer de sa mère. Encore un autre choc. Et elle n’a pas le choix. Personne n’a demandé son avis.

 

Arrivé chez ses grands-parents, Patricia est maltraitée

 

En fait, l’une de ses tantes ne veut pas d’elle à la maison de ses grands-parents. Elle la maltraite. Sans aucune raison, Patricia est punie pour un oui ou pour un non. C’est elle qui doit faire toutes les tâches ménagères. L’enfant de 13 ans doit endurer tout cela. La tante surcharge l’enfant de sa sœur. L’enfant ne peut aller jouer. Et au moindre dérapage, l’enfant est tabassé.

 

Fatiguée de subir les mauvais traitements, Patricia pose une question à sa tante. Elle voulait savoir pourquoi elle était autant maltraitée. Au lieu d’une réponse, l’enfant reçoit une puissante gifle. Quelques temps après, sa situation devient plus compliquée.

 

Les voisins qui voyaient toute la souffrance de l’enfant ont fini par parler à sa tante. Ils ont menacé de la dénoncer si elle continuait ses pratiques.

Même si on ne la frappe plus comme avant, Patricia ne vit toujours pas bien.

 

Pour elle, si elle souffre autant, c’est simplement parce que ses parents sont séparés. S’ils étaient ensemble, elle aurait eu la même chance que d’autres enfants. Vivre avec ses parents dans un environnement sain et bénéficier de leur protection. Avec ses parents, l’enfant aurait eu la chance d’être aimée.

Je suis triste pour mon amie. La situation qu’elle vit est une violation des droits de l’enfant. Parce que chaque enfant a le droit d’être protégé contre les mauvais traitements. Chaque enfant a le droit de jouer, de s’amuser et de se développer. Et Patricia est un enfant.