Généralisons les écoles assainies à toute la RDC !

Eunice et Monica plaident pour l’élargissement des écoles assainies en RDCNotre plaidoyer pour que tous les élèves de Kinshasa et de la RDC puissent étudier dans des écoles assainies.

L’insalubrité et l’échec scolaire

En ce moment où nous – Eunice, Monica, Glodi et Nathan, Enfants Reporters de Kinshasa – nous adressons à vous, des dizaines des milliers d’enfants ne sont pas allés à l’école parce qu’ayant contracté des maladies causées par le fait qu’ils étudient dans des milieux insalubres. Vous serez d’accord avec nous qu’un enfant qui s’absente régulièrement de l’école, ne peut, à la fin de l’année scolaire, avoir un bon résultat.

Lorsqu’un enfant échoue plus d’une fois à l’école, il perd l’envie d’y retourner. Et un enfant qui n’a pas terminé son parcours scolaire, c’est un problème pour lui-même, pour sa famille et pour la communauté. Créer un environnement sain en milieu scolaire, relève, premièrement de la responsabilité du Gouvernement congolais, aidé en cela par ses partenaires dont l’UNICEF et la Région de Bruxelles Capitale.

La Convention Internationale des Droits de l’Enfant, en son article 28 au point e, stipule que : « les Etats parties prennent des mesures pour encourager la régularité de la fréquentation scolaire et la réduction des taux d’abandon scolaire ». L’article 44 de la loi Portant Protection de l’Enfant indique que :

« l’Enfant a droit à un environnement sain et propice à son épanouissement intégral ».

Et pourtant, malgré ces engagements écrits, la plupart des écoles de Kinshasa ne possèdent ni des points d’eau ni des latrines hygiéniques.

Nathan, Enfant Reporter entrain de lire le message de plaidoyer pour les écoles assainies

Nathan, Enfant Reporter énonçant notre plaidoyer pour les écoles assainies

Les Enfants Reporters et les Ecoles Assainies, la combinaison gagnante

Les enfants reporters de Kinshasa sont bien placés pour parler des bienfaits des Ecoles Assainies. Quelques-uns parmi nous étudient dans ces écoles et nous pouvons affirmer sans crainte d’être contredit que leur présence a permis de consolider les acquis et surtout contribue à éviter la perte de statut d’une école assainie.

Grâce au partage d’expérience entre nous, les enfants reporters dont les écoles n’étaient pas dans le programme Ecole Assainie ont mené des plaidoyers auprès de leurs responsables scolaires. Ils ont obtenu que des points d’eau soient érigés dans leurs écoles, que des poubelles soient placées devant chaque classe ou encore que des latrines soient construites.

La combinaison enfant reporter et école assainie permet d’éviter la perte du statut école assainie (les Enfants Reporters participent activement au processus). Elle permet également l’appropriation par les élèves, et donc la pérennisation des bonnes pratiques d’hygiène dans toutes les écoles.

Notre petite expérience a démontré qu’un enfant qui s’est approprié les bonnes pratiques d’hygiène à l’école ramène cela à la maison et contribue à influencer les autres membres de sa famille.

Pour la généralisation des Ecoles Assainies

Puisqu’on nous a donné l’occasion d’exprimer notre opinion d’enfant sur la question, nous vous disons que nous souhaiterions pour l’avenir :

1. L’initiation à la participation des élèves brigadiers chargés de la salubrité dans les écoles assainies et leur formation comme enfants reporters. Ceci leur permettra de jouer pleinement leurs rôles en tant que : acteurs de changement ; auditeurs scolaires et communautaires ; garants de la pérennité des acquis actuels ; mémoire scolaire par la documentation ; et comme artisans de l’approche basée sur le droit et non celle en application aujourd’hui, basée sur le besoin.

2. Que cesse la discrimination qui veut que seules les écoles de la périphérie de Kinshasa bénéficient du programme école assainie.

3. Que le programme Ecole Assainie touche également les élèves du secondaire, au nom du droit de tous les enfants de jouir d’un environnement sain pour leur épanouissement intégral. En d’autres termes, que ce programme soit généralisé.

Eunice et Monica, Enfants reporters de la ville de KinshasaMonica et moi après notre plaidoyer pour la généralisation des écoles assainies.

Entendez notre message

En agissant de la sorte non seulement nous aurons contribué au maintien en bonne santé des élèves de Kinshasa, mais nous permettrons à tous d’éviter les absences dues aux maladies causées par un environnement scolaire insalubre. Personne ne sera d’avis qu’il faut faire des enfants d’aujourd’hui des problèmes pour la société de demain.

Si nous devions nous retrouver dans quelques années, et que le taux d’absentéisme scolaire causé par les maladies des mains sales ou infections respiratoires était resté le même, ça ne sera pas un échec pour les enfants, mais plutôt un échec pour tous les décideurs ici réunis.

Nous, les Enfants Reporters de Kinshasa, nous sommes convaincu que personne n’acceptera d’échouer sur cette question de l’eau, l’hygiène et l’assainissement en milieu scolaire.

Merci.

Une visite mémorable

En vue d’une coopération fructueuse entre Kinshasa et la région de Bruxelles capitale, une délégation belge composée de M. Decorte et Mme Sophie Willaumez, est venue en visite à Kinshasa.

En date du 11 mai 2016, nous sommes allés à l’institut technique de Limete pour leur présenter le projet Enfants Reporters. Ensuite nous nous sommes dirigés ensemble vers une école assainie, l’école Marie madeleine, dans la commune de Nsele.

Les élèves de l'école primaire Marie-Madeleine entrai d'accueillir la déléguation de la Région de bruxelles Capiatale en chantant

L’élève brigadier [de la brigade d’hygiène de l’école assainie] Raissa a lu un mot de bienvenue. Juste après, nous avons eu droit à une visite de quelques salles de classe ainsi qu’à la démonstration du lavage des mains par les brigadiers scolaires.

Nous, les enfants reporters de Kinshasa, avons ensuite saisi cette opportunité pour faire un plaidoyer pour examiner la possibilité de mise à l’échelle du programme Ecole Assainie dans toute la ville province de Kinshasa. Nathan a lu notre message de plaidoyer puis nous avons eu un échange de questions-réponses entre la délégation, les élèves brigadiers et les enfants reporters.

Nous retenons de cette journée une chose en particulier : d’ici le mois de juillet, un protocole sera signé entre Kinshasa et la région de Bruxelles capitale. Grâce à cette coopération, nous espérons que les premiers pas seront faits pour l’élargissement du projet Ecole Assainie non seulement à Kinshasa mais dans toute la RDC !

UNICEF RDC 2016 Eunice Muba Ecole Assainie Marie-Madelein Kinshasa

Le programme national Ecoles et Villages Assainis bénéficie du soutien de lacoopération britannique ainsi que de la coopération américaine.

 

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Eunice

Eunice a 16 ans et elle est Enfant Reporter de Kinshasa. Elle a représenté les enfants d’Afrique Centrale devant les leaders Africains au Sommet de l’Union Africaine à Addis Abeba en 2012. Dans son discours, elle a rappelé les droits de l’enfant à la survie, la liberté d’expression, l’éducation, la santé et a appelé à l’élaboration d’une stratégie pour prévenir les conflits armés qui affectent les enfants. Pourquoi enfant reporter? “Parce que je veux faire de mon pays un meilleur endroit où les enfants pourront vivre”.

Eunice is 16 years old and she is a Young Reporter in Kinshasa. She represented Central Africa’s children at the African Union Summit in Addis Ababa in 2012. In her speech to African leaders, she recalled children’s rights to survival, freedom of expression, education, health and called for a strategy to prevent armed conflicts which affect the child. Why youth reporter? “Because I want to make my country a better place for children to live.”

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