Abigaël, 16 ans, est une Enfant Reporter de la Ville de Kinshasa.

Lorsqu’on me pose la question de savoir si j’aime écouter la radio, je commence par balbutier. En fait, cela fait longtemps que j’ai arrêté d’écouter la radio. Et pourtant, j’aime la radio. Lorsque je suis en voiture, c’est l’un des instants où j’aimais suivre la radio.

 

Mais, pourquoi je n’écoute plus la radio ?

D’abord, je ne trouve pas assez des programmes intéressants à suivre. Il m’est arrivé d’écouter certaines émissions interactives ici à Kinshasa où des auditeurs appellent pour interagir. Mais sans plus.

 

Alors, lorsque je tombe sur des radios dans les taxis et autre transport en commun, j’écoute. Parfois, je tombe sur des chaînes qui diffusent des musiques. Et là, encore, je peux bien me contenter d’écouter la musique sur mon téléphone avec ma playlist.

 

En fait à la radio, je pense que à défaut de voir le journaliste, on devrait avoir envie de l’écouter, de suivre son émission parce qu’elle nous attire. Oui, attirer ou retenir l’attention. Mais, malheureusement, très peu de choses me captivent quand j’écoute les radios locales à Kinshasa.

 

Mes critères à la radio 

Pour moi, c’est soit la voix et la manière de parler du journaliste, soit la construction de son émission et ce dont elle parle qui retiennent mon attention. Mais bon, les trois premiers sont prioritaires pour me retenir sur une chaîne de radio.

 

Je n’aime pas m’ennuyer. Donc, de temps en temps, il faudrait créer un moment qui non seulement me permet de décrocher. En même temps, cet instant me laisse l’envie de découvrir la suite d’une émission bien construite qui m’apprend des choses que je ne connais pas.

Malheureusement, à Kinshasa, les émissions que j’écoute à la radio sont « linéaires » et un peu pauvre. Il m’arrive de sentir une espèce d’impréparation sur les ondes.

 

La capacité à captiver

 

De fois, j’ai juste l’impression que des gens sont payés pour dire des choses qu’ils ont du mal à retransmettre. Hélas ! Pour moi la radio devrait surprendre, apprendre, et surtout favoriser des interactions dans une certaine progression.

Parfois, en écoutant certains journalistes, je peux sentir la nonchalance dans la voix des présentateurs. Et je décroche tout de suite.

 

Je pense que l’une des clés d’une émission radio, d’un journal ou même d’une publicité à la radio, c’est la capacité qu’on a à captiver les gens d’abord avec des voix ou des sons. Déjà qu’à la radio on n’a que ce qu’on entend pour voyager, s’imager des choses et être porté.

Donc à mon avis, un bon programme radio, c’est un programme « vivant », dynamique et qui respire. En plus de tout le reste.  On a des pauses bien réfléchies et bien senties pour faire intervenir la musique, ou des coupures dans le cours d’une émission.

 

Je me rappelle avoir écouté une émission qui était en construction lors d’une formation. Ce que j’avais entendu m’a donné envie de la voir diffusée à la radio. À mon avis, ça changera des programmes habituels qui sont beaucoup moins légers.

En fait, on avait réussi à jongler avec plaisir et leçons. Plaisir d’écouter une émission où j’ai appris des notions de business plan et découvert des musiques bien dosées et bien ajustées pour faire respirer l’émission pilote.

 

À ce moment-là, j’avais l’impression d’écouter quelque chose qui respire. Je sais que je rallumerais ma radio le lendemain juste à cause de la sensation que j’ai eu en écoutant ce pilote, même si je ne la suis pas vraiment.

 

Oh ! Voilà. C’est ça pour moi le programme radio idéal. Celui qu’on a envie d’écouter même sans suivre. On prend rendez-vous pour le prochain numéro.