Saintia Cilanda, 12 ans, est enfant reporter de Mbuji-Mayi, province du Kasaï Oriental.

Je m’appelle Saintia Cilanda et je suis un Enfant Reporter de Mbuji-Mayi. Je vais vous raconter l’histoire d’Ephraïm.

 

Un soir, on m’a envoyé chez mon oncle qui habite un peu plus loin sur notre avenue. En route, j’ai croisé un petit enfant assis par terre. Il n’est pas très propre. Je l’ai entendu demander de l’argent à une maman qui passait par là. Ephraïm lui a dit qu’il avait faim et voulait acheter du manioc. La dame lui a donné un billet de 100 Fc pour payer le manioc.

J’ai voulu savoir pourquoi cet enfant était dans le rue. Je me suis approché et je lui ai posé quelques questions pour en savoir un peu plus sur lui, d’où il venait, etc. 

 

Depuis le divorce, l’enfant ne va plus à l’école

Ephraïm est âgé de 10 ans et va pas à l’école. C’est son père qui a refusé de l’envoyer à l’école. Il est membre d’une famille de huit enfants, cinq garçons et trois filles. 

Enfant mendiant à Mbuji-Mayi

Mendicité à Mbuji-Mayi (@ponabana)

 

Ses frères vivent à Kinshasa et d’autres à Lubumbashi, auprès de leur mère. Ephraïm lui vit à Mbuji-Mayi chez son grand-père. Depuis que ses parents se sont séparés, Ephraïm n’a aucune nouvelle de son père et ne sait pas où le trouver. 

Comme il ne va pas à l’école, il passe ses journées sur la route à mendier pour acheter de quoi manger. Les journées de cet enfant de 10 ans sont pénibles. Son grand-père est cordonnier et ne gagne pas beaucoup d’argent.

Je demande à l’enfant pourquoi il ne s’est pas lavé ? « Parce que nous n’avons pas assez d’eau et mon grand-père m’a interdit d’épuiser la petite quantité d’eau que nous avons. Cette eau va servir pour nous préparer à manger la nuit », a répondu Ephraïm.

 

Chaque enfant doit vivre dans un environnement familial

Je suis curieuse et je veux savoir ce qu’Ephraïm connait de son père. Son grand-père lui a raconté que son père était soudeur et qu’il fabriquait des portails et des braseros. Lorsque ses parents se sont séparés, sa maman est partie avec tous ses frères. Lui est resté chez son grand-père. 

Le souci quotidien d’Ephraïm est de retrouver sa mère. « Je veux vivre avec ma maman. Mais j’attends que mon grand-père m’envoie à Kinshasa comme il me l’a promis », espère Ephraïm. 

Après cet échange avec Ephraïm, ce qui m’a vraiment choqué, c’est de savoir qu’un enfant de 10 ans reste affamé toute la journée pour n’avoir à manger que la nuit.

Durant la journée, il est exposé à plusieurs risques. Il peut être frappé par d’autres enfants dans la rue qui ne savent pas le mal qu’il traverse en ce moment. C’est triste de vivre loin de ses parents et de ses frères et sœurs. Ephraïm est en manque d’affection familiale.

Pourtant dans la Convention relative aux droits de l’enfant et dans la Loi portant protection de l’Enfant dit que l’État doit garantir une protection sociale à l’enfant se trouvant en dehors de sa famille.

 

Encadreur : Donatien Muela