Recruter un enfant pour combattre, c’est un crime !

Solo, 16 ans, est un ancien enfant soldat sorti d’un groupe armé dans la Province du Sud-Kivu, à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). Voici son histoire.

« La souffrance était grande »

« Je revenais de l’école lorsqu’un colonel m’a abordé et m’a dit qu’il pouvait m’emmener en Chine pour suivre des cours de musique », explique Solo. Comme l’adolescent était passionné de musique, il a accepté de suivre le colonel et est monté dans sa voiture. Après quelques heures de route, le colonel a demandé à Solo de descendre de la voiture et d’enfiler une tenue militaire. « Des personnes habillées en tenue de militaires sont venues et ils m’ont forcé d’aller avec eux dans la brousse », se rappelle Solo.

Durant trois ans, Solo est resté aux côtés du groupe armé. « Sur le champ de bataille, nous étions devant et les adultes derrière : nous étions des boucliers et plusieurs de mes amis sont morts », se rappelle Solo. La souffrance de Solo était grande. Dans la brousse, sans abris pour se réfugier, les conditions de vie étaient difficiles et la maladie frappait fort.

Solo a été démobilisé grâce à l’appui de la MONUSCO et pris en charge par le Bureau pour le Volontariat au Service de l’Enfant et de la Santé (BVES), partenaire de l’UNICEF. « Si moi je suis encore vivant, c’est grâce à eux ».

Mon plaidoyer pour lutter contre l’utilisation des enfants dans groupes armés

La situation de Solo est similaire à celle d’autres enfants recrutés dans les groupes armés de la Province du Sud-Kivu. Cela est contraire à l’article 38 de la Convention relative aux droits de l’Enfant (CDE) qui stipule que les enfants ne doivent pas participer comme soldats à des conflits armés. Les enfants doivent être protégés en cas de conflit armé.

Il n’y a pas une place pour un enfant dans les groupes armés. En recrutant un enfant, on le prive de ses droits fondamentaux. Je demande aux autorités de notre pays de mettre en place des mécanismes de surveillance et de contrôle lors des recrutements afin que les enfants ne soient pas recrutés.

La communauté doit accepter et soutenir la réinsertion des anciens enfants soldats car ils ont le droit de vivre en famille et d’étudier comme les autres enfants de leur âge.

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Ansima

Ansima, 15 ans, est Enfant Reporter de la ville de Bukavu, à l'est de la République Démocratique du Congo.

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