Se laver les mains : le problème de l’enfant congolais

Le 15 octobre de chaque année, le monde entier célèbre la journée du lavage des mains. Le slogan cette année en RDC est : « mains propres, zéro microbes ! ». A cette occasion, moi et mes amis reporters de Kinshasa sommes descendus dans deux écoles, l’une était certifiée école assainie et l’autre non. Voici ce que j’ai constaté.

Nous avons d’abord visité l’école primaire Makanza, qui est une école assainie. Nous étions contents de trouver les élèves bien instruits sur la notion de lavage des mains et de les voir se laver les mains en groupe au rythme d’une chanson éducatrice qui reprenait les différentes étapes pour se laver correctement les mains. Nous avons pu alors constater que ce système collectif de lavage des mains était très récent : il n’est en place que depuis une semaine.

Le système ainsi installé permet à tous les enfants de se laver les mains ensemble

Le système ainsi installé permet à tous les enfants de se laver les mains ensemble

Dans le cadre de notre mission de reporter, nous avons interviewé Justesse, une élève de cette école, qui devait avoir 9 ans. Nous lui avons demandé :

–          Pour toi qu’est-ce qu’une école assainie ?

« C’est une école où l’on trouve de l’eau potable, une cour propre et des latrines propres ».  

–          Pourquoi doit- on se laver les mains ?

« C’est pour éviter les maladies des mains sales ».

–          Pourquoi te laves-tu les mains en groupe ?

« C’est un signe d’amitié qui permet aussi aux autres élèves de se laver correctement les mains ».

Nous avons été très contents d’avoir ces réponses parce que ça confirmait qu’il avait bien compris les messages sur le lavage des mains. Patrick ne m’a pas dit ce qu’il entendait par « maladies des mains sales », mais j’ai compris qu’il ne voulait pas être atteint de maladies comme la fièvre typhoïde, la pneumonie ou la fièvre Ebola, qui se transmettent par les mains sales.

Au moment de la récréation, nous avons constaté par leurs gestes et par ce qu’ils nous ont raconté, que les élèves avaient compris l’importance du lavage des mains avant les moments critiques : avant de manger, après avoir été aux installations sanitaires, après avoir salué les gens, avant de préparer à manger et avant d’allaiter.

Après l’école primaire Makanza, nous nous sommes rendus au complexe scolaire Maman Sifa, qui n’est pas une école assainie.

Arrivés sur les lieux, nous avons interviewé un élève de cette école du nom de Enock, âgé de 9 ans et élève en quatrième année. Il nous a dit qu’il ne connaissait pas la date du 15 Octobre, contrairement à ceux de la première école. Je pense que l’école, particulièrement les enseignants doivent parler aux enfants des différents évènements importants pour eux. Il existe un cours d’éducation civique et morale, qui parle, entre autres, de l’actualité. Ce serait donc l’occasion de sensibiliser les enfants à ces différentes journées.

IMG_2768Voici notre échange :

–          Que fais-tu avant de manger et après être allé aux installations sanitaires ?

« Quand on sonne la recréation je cours vite pour aller acheter de la nourriture et après je la consomme ».

–          Avec quoi te laves – tu les mains ?

« C’est rare que je me lave les mains avec du savon dans mon école, mais à la maison quand il n’y a pas du savon je me lave les mains avec de l’eau seule ou avec de la pierre ».

–          Avez-vous des lave-mains ?

« Oui mais il n’y en a qu’un, c’est insuffisant pour servir toute l’école ».

On voit directement que l’enfant n’a pas cette notion de se laver les mains avant de consommer la nourriture. Si nous étions dans une école assainie, il saurait qu’il faut se laver les mains et il pourrait le faire grâce aux installations, qui n’existent pas dans cette école.

Se laver les mains avec une pierre est une pratique qui se fait : les gens qui le font sont souvent des gens qui n’ont pas de connaissances sur ce qui peut leur permettre de se laver les mains hormis le savon. On pourrait les sensibiliser : quand il n’y a pas de savon, on peut bien utiliser la cendre comme moyen de lavage des mains.

Il a terminé par demander au gouvernement de faire en sorte que son école bénéficie aussi du programme école assainie.

IMG_2694A la fin de notre reportage nous avons trouvé une maman du village où se trouve l’école assainie. Elle nous a parlé de ce qui se faisait avant que le programme puisse être là : « il y avait des cas de décès infantile d’origine hydrique, maintenant la situation a un peu changé, les enfants ne meurent plus de maladies hydriques ». Profitant de la caméra du reportage pour notre émission la Voix de l’Enfant sur la RTNC, la maman a demandé au gouvernement que les avancées des routes soient faites pour aller puiser l’eau potable plus facilement.

Nous les enfants reporters de Kinshasa, profitons de cette opportunité pour demander au gouvernement de bien vouloir élargir ce programme dans tous les milieux de Kinshasa, afin de protéger tous les enfants contre les différentes maladies des mains sales. L’article 24 de la Convention Relative aux Droits de l’enfant stipule que l’Etat a l’obligation de garantir la santé de l’Enfant. Elargir le programme des écoles assainies permettra aussi d’atteindre l’objectif « mains propres, zéro microbes ».

La santé n’a pas de prix, dit – on, donnons-nous-donc les moyens d’atteindre ces objectifs.

Le reportage en images : 

Photo : UNICEF RDC 2014 Charlotte Gout

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Jonathan

Jonathan is 16 years old and he is a youth reporter Kinshasa. He studied at Saint Joseph College and wants to become a lawyer to defend the children’s rights. His dream? That his country “become a country fit for children, a country that respects the rights of the children and put them at the center of everything.”

Jonathana 16 ans et il est enfant reporter de Kinshasa. Il étudie au collège Saint Joseph et aimerait devenir avocat pour défendre les droits des enfants. Son rêve? Que son pays “devienne un pays digne des enfants, un pays qui respecte les droits de l’enfant et qui les mettent au centre de tout.

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