A la rencontre d’enfants sortis des groupes armés

Pour commémorer la Journée Internationale des Enfants Soldat, nous sommes partis au Centre de Transit et d’Orientation qui accueille des enfants sortis des forces et groupes armés.

© UNICEF DRC Wenga

Pour commémorer la Journée Internationale des Enfants Soldats, nous sommes partis au Centre de Transit et d’Orientation (CTO) qui accueille des enfants sortis des forces et groupes armés de l’ONG CAJED. Ces enfants n’ont pas eu la chance de profiter de leur enfance mais aujourd’hui ils ont décidé quoi faire de leur avenir.

L’histoire de Chance*

« Avant d’entrer dans le groupe armé, je vivais à Masisi. Quand je partais au champ, je passais rendre visite à mon ami qui était soldat. Un jour, mon ami est mort sur le terrain de bataille et le groupe armé est venu me prendre pour que je puisse le remplacer. Ils m’ont fait entrer dans le groupe armé par force, il n’y avait pas moyen que je refuse car ils n’hésiteraient pas à me tuer.

Dans le groupe armé, nous menions une vie de peine, sans éducation et avec une mauvaise nutrition. Je me suis enfui par la Grâce de Dieu et j’ai rencontré un homme qui m’a aidé. Il m’a amené ici au centre CTO de CAJED.

La vie ici est très différente de la vie de là-bas en forêt. Ici, la vie est très agréable, on étudie l’anglais, on fabrique des paniers, on a un temps suffisant de divertissement et j’apprends à connaitre les autres et à vivre en famille. Ce centre est pour moi une deuxième famille et j’espère que je pourrai retrouver ma famille biologique. »

Enfants soldats : vivre ou mourir ?

L’unique moyen de survivre pour les enfants soldats est souvent de rester dans les groupes armés. Ces enfants n’ont pas la chance de profiter de leur enfance et vivent dans la peur et la souffrance que demain pourrait ne pas arriver.

De ses 13 ans à ses 20 ans, Julien* a fait partie d’un groupe armé dans la province du Nord-Kivu. Il a été menacé de mort parce qu’il avait refusé de faire partie de ce groupe et n’a eu d’autre choix que de l’intégrer. A sa sortie du groupe, Julien a été placé directement au CTO, où il se trouve avec d’autres enfants comme lui.

Aujourd’hui âgé de 20 ans, Julien voudrait juste tourner la page en commençant une vie comme celle des autres jeunes de son âge. Il aimerait avoir une formation en mécanique pour être indépendant et espère avoir une famille pour donner à ses enfants la vie que lui n’a pas pu avoir.

Protéger les enfants et les aider à construire leur avenir

La Loi portant la Protection de l’Enfant (LPPE) stipule à son article 57 que chaque enfant a droit à la protection contre toute forme d’exploitation et de violence. La place d’un enfant est en famille et à l’école, pas dans des groupes armés.

Dans le souci d’aider les enfants sortis des groupes armés et de leur donner une seconde chance dans la vie, nous exhortons le Gouvernement congolais ainsi que tous ses partenaires de bien vouloir mettre à leur disposition des formations professionnelles. Nous leur recommandons aussi d’appuyer les projets de réintégration socio-économique en faveur des enfants sortis des groupes armés.

Article écrit par Dorothée et François, deux Enfants Reporters de la ville de Goma au Nord-Kivu

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Enfants Reporters de Goma

Âgés de 9 à 18 ans, les Enfants Reporters sont des filles et des garçons de toutes les origines sociales qui œuvrant pour la protection, l’éducation, la santé et la participation des enfants en RDC. Initiés à la Convention internationale relative aux droits de l’enfant et aux techniques journalistiques de base, les Enfants Reporters prennent conscience de leurs droits et font entendre leurs voix par le biais des différents supports de communication.

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