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Abigaël, 22ans, est une ancienne Enfant Reporter de la ville de Kinshasa. Elle est aujourd'hui étudiante en droit et continue de s'impliquer pour les droits des enfants en encadrant à son tour les Enfants Reporters.

Espace Toyonaka, commune de Kalamu à Kinshasa. Les salles de classe sont sombres. Pas de lumière. Lokua Kanza, ambassadeur de l’UNICEF, devrait échanger avec des filles et des enfants qui y étudient. La salle que je visite n’a pas de lumière. Il fait noir en plein jour.

 

Pourtant, dans les salles, il y a des élèves qui attendent patiemment leur instituteur ou qui suivent les cours.

Dans une autre salle devant laquelle je passe, il y a au plafond une ampoule qui ne s’allume pas.

Quelques enfants de première année primaire sont dans la salle. Je ne demande pas quel cours ils ont.

Mais je me demande plutôt comment ils font pour jouir de leur droit à l’éducation, un droit fondamental qui leur est reconnu. Je pense aux difficultés qu’ils ont au quotidien dans leur école pour apprendre. Comment apprendre si on ne voit pas bien ce que l’enseignant écrit au tableau.

 

Ça doit être difficile de lire au tableau, et même de noter dans les cahiers quand on est dans une salle non éclairée.

Les quelques minutes que je passe à l’entrée de cette salle, je m’inquiète.

En fait, je pense qu’étudier dans « le noir » peut être dangereux parce que sur le long terme, on finit par avoir des problèmes d’yeux.

Et les enfants de ce centre qui sont dits « vulnérables » à cause de leurs conditions de vie n’ont pas forcément accès aux meilleurs soins de santé qui soient s’ils ont des problèmes avec leurs yeux.

Ils n’ont donc aucune garantie d’un suivi médical approprié en cas de problème. En même temps, comment refuser d’étudier gratuitement même dans de mauvaises conditions alors qu’on n’a pas les moyens de se scolariser ?

 

Des meilleures conditions pour les enfants

Ils sont donc obligés de suivre les cours quelles que soient les conditions dans lesquelles ils sont dispensés.

Mais comment peut-on apprendre dans une salle sombre ? Et comment s’en sortent-ils ces enfants ? Je me pose plus de questions.

En fait, lorsqu’on parle de droit de l’enfant, l’idéal est d’offrir à tous les enfants les mêmes droits et les mêmes conditions d’apprentissage si possible. C’est donc très triste de voir que très jeunes, ces enfants doivent se sacrifier pour pouvoir étudier.

Quand je les regarde, j’ai mal pour eux. Donc je ne traîne pas devant cette salle de classe.

L’article 28 de la convention relative aux droits de l’enfant reconnaît le droit à l’éducation aux enfants. Cette même Convention leur reconnaît le droit aux meilleures conditions de vie pour leur développement.

Pour les enfants du centre Toyokana, je doute qu’ils soient dans les meilleures conditions et qu’ils jouissent correctement de ces droits.

Ce que je demanderais pour eux, c’est non seulement l’accès à une éducation de qualité, mais en plus, une éducation dans des bonnes conditions.

Parce que c’est leur droit et qu’ils sont eux aussi, l’avenir de demain.