Quand le conflit et la survie obligent à sacrifient l’école

Des enfants déplacés dans un camp de la Province du Tanganyika (© UNICEF RDC Longa)

Dans la Province du Tanganyika, le conflit intercommunautaire a vidé de nombreux villages de leurs habitants. Des milliers de personnes ont fui vers des zones voisines pour trouver refuge. Découvrez l’histoire de certaines de ces personnes déplacées, habitants maintenant dans un petit camp de fortune situé au centre de la ville de Manono.

Le quotidien d’une personne déplacée

Il est six heures à Manono, la journée est lancée. Femmes, hommes et enfants sortent des huttes de fortune, qui pour la plupart sont en chaume. Ils vont dans tous les sens à la recherche de travail. Les hommes travaillent généralement dans les champs et coupent du bois pour le vendre. Les femmes font de la lessive ou le ménage ou recherchent du bois mort avec leurs enfants.

« Il m’arrive d’acheter de la nourriture juste pour les enfants quand je n’ai pas gagné assez », explique Faila, 50 ans. Cette mère de famille vit dans le camp depuis deux ans avec ses neufs enfants. La famille avait fui le village Mutabi lorsque des affrontements sanglants d’y sont déroulés entre la milice pygmée et bantoue. « Si je fais la lessive, je gagne 1.500 francs congolais par jour », poursuit la maman.

Dans le camp, les parents se privent de nourriture pour s’assurer que leurs enfants puissent manger tous les jours. Souvent, les enfants doivent travailler pour contribuer aux charges du ménage.  Kaleta est un père de famille de 5 enfants, dont 4 sont en âge scolaire. Depuis 2017, la famille a trouvé refuge et camp et survivent grâce au travail de la terre. Il a du mal à trouver de la nourriture et ses enfants sont obligés de travailler pour rapporter plus d’argent.

Survivre ou étudier ?

Il y environ 200 enfants dans ce camp et, depuis 2017, ils ne vont plus à l’école. Ils ont perdu leur enfance car ils doivent travailler pour aider leurs parents. Philippe, 13 ans, coupe de la paille pour la vendre en bottes et gagne environ 500 Francs Congolais par jour. D’autres enfants vendent des fruits au marché. Les enfants ne peuvent plus partir à l’école car leurs parents n’ont pas les moyens de les inscrire à l’école. « Nous sommes dans la souffrance, ce n’est pas humain. Pas de lit, pas de nourriture, pas d’argent et les enfants ne vont plus à l’école », s’exclame une mère de famille.

Si les familles n’ont pas à manger, comment pourraient-elles supporter la scolarité des enfants ? Leur droit à l’éducation est étouffé au détriment de leur survie. La Convention relative aux droits de l’Enfant prévoit pourtant que l’enseignement primaire doit être gratuit et obligatoire pour tous les enfants. Ce droit à l’éducation est aussi reconnu dans la Constitution de la République Démocratique du Congo.

Beaucoup d’enfant dans la Province du Tanganyika attendent encore sans aller à l’école.

Plus d’informations sur les enfants déplacés en RDC

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Adolphine

Adolphine, 14 ans, est une Enfant Reporter du Tanganyika. Très engagée dans la communication extérieure, elle souhaite interpeller le monde sur la situation des personnes déplacées de sa province.

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