Le malheur de naître albinos en RDC

23Je viens vous raconter aujourd’hui la triste histoire de Bernard, un jeune atteint de l’albinisme. A 14 ans, Bernard habite au marché central de Dibindi, une commune de la ville de Mbuji-Mayi en République Démocratique du Congo. Avant d’arriver là, Bernard vivait chez ses parents au village mais les coutumes et rites traditionnels ont fait basculer sa vie.

Des coutumes d’un autre temps

Selon la coutume de sa tribu, il est inadmissible d’avoir un enfant albinos dans la famille. Si un enfant nait albinos, il est tué ou enterré vivant pour « mettre fin à cette race ». Oh Seigneur, quelle est cette coutume qui est contraire à la loi et aux bonnes mœurs ?

Suivez comment notre ami nous relate de quelle manière il s’est retrouvé au marché après avoir subi plusieurs tentatives de suicide sans succès.

Après plusieurs tentatives de suicide, la maman de Bernard a décidé de se rendre avec lui à Mbuji-Mayi. Ce soir-là, aux alentours de 22h00, a essayé de le tuer sur la route. L’opération ayant échouée, elle a décidé de l’abandonner à côté d’une rivière en espérant que son fils soit dévoré par un animal sauvage.

Après avoir passé la nuit au bord de la rivière, Bernard a décidé de prendre la route et de suivre les pédaleurs, ces hommes qui transportent des marchandises à vélo. « C’est en les suivant que je suis arrivé au marché central », explique Bernard. Ne connaissant personne à Mbuji-Mayi, Bernard n’a pas eu d’autre choix que de s’intégrer aux autres enfants qui vivaient là. « J’ai subi un batême du feu », se rappelle Bernard.

Bernard regrette de n’avoir jamais étudié. Aujourd’hui, il éprouve le désir d’aller à l’école pour devenir maçon. « Les écoles détestent mon état », raconte Bernard en faisant référence à son albinisme et à sa peau couverte de plaies.

Unissons-nous pour mettre fin à cette discrimination

Bernard n’est pas le seul enfant à se trouver dans cette situation. De nombreux enfants albinos ou vivant avec handicap sont rejetés par leurs familles, en violation totale de leurs droits fondamentaux. Les enfants atteints d’albinisme ont les mêmes droits que les autres enfants !

Il est temps d’agir pour mettre fin à la maltraitance des enfants nés avec albinisme car tous les hommes – et les enfants – sont nés égaux devant la loi. Promouvoir l’intérêt supérieur de l’enfant, c’est avoir un Congo fort demain car nous enfants constituons l’héritage de demain.

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Augustin

Augustin est Enfant Reporter de la province du Kasaï Oriental.

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