Benlady est un enfant reporter de la ville de Kinshasa

Je m’appelle Benlady, élève en 6ème année des humanités à l’Institut Lemfu dans la commune de Ndjili à Kinshasa. Je vous parle des toilettes de mon école. Elles sont dans un sale état. Les élèves sont malheureusement obligés de se soulager dans ces conditions.

Les toilettes de mon école sont très sales. Elles sont tellement sales que pour y entrer, il faut se boucher les narines. Et surtout, il faut faire abstraction de toutes les matières fécales qui tapissent le sol. Sinon, il serait humainement impossible de les supporter. J’aimerais bien ne jamais pouvoir y entrer. Mais, ai-je seulement le choix?

Ce sont les seules toilettes de mon école. Tous les élèves, filles et garçons confondus, les utilisent. Comme y entrer est très difficile, la plupart des élèves préfèrent faire leurs besoins dans le couloir, par terre, avant d’entrer dans les toilettes.

Les toilettes dans une école à Kinshasa (@ponabana/carmel)

Ai-je oublié de dire qu’elles ne sont jamais nettoyées ? Dès que l’on arrive dans le couloir des toilettes de mon école, on est tout de suite accueilli par un champ de pisse et de défécation. Il faut faire un jeu d’équilibriste pour ne pas ramasser en passant un bout de « chocolat » comme aime le dire avec mes amis.

Si on ose entrer à l’intérieur des toilettes, on est accueilli par une vapeur d’urine à couper le souffle. Bref c’est l’horreur. Je tiens quand même à souligner que cette description aussi horrible soit-elle n’est pas une exagération.

Santé des élèves menacée

Le comité des parents de mon école s’est réuni pour discuter de la question. Mais pour le moment pas de solutions. L’école attend qu’on lui octroie des fonds pour réhabiliter les toilettes. Entre-temps, la santé des élèves est menacée. Pour éviter de tomber malade, certains élèves qui habitent non loin de l’école, rentrent à la maison pendant la récréation pour se soulager puis revenir.

Les toilettes sales d’une école à Kinshasa(@ponabana/carmel)

D’autres se retiennent jusqu’à la fin de la journée. Moi, je préfère faire tous mes besoins à la maison avant d’aller à l’école, question de réduire les risques d’entrer dans ces toilettes. Les filles sont les plus grandes victimes de cette situation. Parce qu’elles sont obligées d’entrer dans ces toilettes pour voir un peu d’intimité. J’ai mal pour elles et je pense aux risques d’infections auxquelles elles sont exposées.

Un autre enfant reporter a aussi raconté la situation des toilettes dans leur école. Je me rends compte que c’est une situation qu’on trouve dans beaucoup d’autres écoles à Kinshasa. Il y a vraiment moyen de changer les choses pour ne pas exposer les enfants aux maladies.

 

J’aimerais que l’on réhabilite les toilettes de mon école dans les plus brefs délais car c’est un droit pour chaque enfant de jouir du meilleur état de santé possible. Pour ce fait, un enfant doit avoir accès à des toilettes propres et hygiéniques. Il ne faut pas attendre que les élèves meurent de choléra ou des maladies intestinales pour agir. Agir maintenant pour sauver la santé des enfants.