Emmanuel Jidisa, 17 ans, est Jeune Ambassadeur pour le climat. Formé par l'UNICEF en tant qu'Enfant Reporter, Emmanuel s'est rapidement intéressé aux questions climatiques et environnementales.

Je me nomme Emmanuel Jidisa. J’ai 15 ans. Je suis enfant reporter de Kinshasa, défenseur de la jeunesse et ambassadeur UNICEF. En fait, j’aimerais vous raconter l’histoire d’une amie à moi qui après la mort de ses parents est obligée de se battre pour la survie de ses frères. Mon amie s’appelle Deborah et a 16 ans. Elle est en 3iême année commerciale et est l’ainée d’une famille de 5 enfants.

En effet, après la mort de ses parents, elle et ses frères ont été rejetés par les familles de leurs parents. Après beaucoup de batailles, ces enfants se sont retrouvés à vivre dans la parcelle familiale. Aucun adulte ne les prend en charge. Alors, ils devaient se débrouiller pour tout, pour manger, pour s’habiller, etc. Bref, des enfants abandonnés.

C’est là que Deborah commence son petit commerce pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses frères. Elle réussit à trouver un coin pour installer une table. Avec ses petites économies, elle s’est approvisionnée en fruit et a commencé à les vendre.

 

Déborah n’a plus assez de temps pour étudier

 

Le problème est que, ce commerce affecte d’abord sa scolarité. Déborah n’a plus assez de temps pour revoir ses leçons. Dès qu’elle revient de l’école, elle va directement vendre et s’occuper de ses frères. Le soir, elle doit faire l’inventaire de ses marchandises, etc. Les notes, elle n’a pas les temps de les relire.

Souvent, elle arrive en retard en classe. Le matin, elle doit s’occuper de ses petits frères, les laver et les accompagner à l’école avant qu’elle ne parte elle-même à l’école. Et lorsqu’elle arrive, c’est souvent à la fin de la première heure. Elle a raté quelques interrogations à cause du retard.

Je pense que Déborah devrait être à l’école et apprendre comme d’autres enfants. En fait, comme enfant, elle a droit à l’éducation. Un jour, elle n’est pas venue à l’école. Je lui ai demandé pourquoi ? « J’étais restée entretenir la maison et faire la lessive pour mes petits frères et moi. Je devais aussi vendre toute la journée pour avoir un peu plus d’argent et payer les frais scolaires de mon petit frère qu’on a chassé de l’école », m’a-t-elle répondu.

Les enfants ont besoin de soutien

 

Cette fille a besoin d’être soutenue et d’être prise en charge avec ses petits frères. Et pourtant, c’est elle qui les prend en charge, au risque de rater sa formation à l’école.

Elle et ses frères ont le droit de s’épanouir et de se développer.

J’étais triste d’entendre l’histoire de Déborah. Elle m’a tout de même permis de la partager.

Et, je pense aussi que rejeter les enfants après la mort de leurs parents n’est pas une bonne chose. Il faut plutôt les soutenir, les accompagner et les assister pour leur permettre de bien grandir. Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé avec les familles de ses parents, mais, ces enfants ne devraient pas être laissés ainsi.